mardi 22 avril 2014

La toupie fait tourner le Monde

 La toupie fait tourner le Monde

Durant quelques secondes magiques, la toupie tourne sur son axe cosmique, comme n’importe quelle planète, faisant ainsi tourner le Monde, depuis des millénaires...

Sa forme a-t-elle été inspirée par le gland qui tombe sur sa pointe ?
Toujours est-il que, probablement, toutes les plus vénérables civilisations l’ont connue : la Chine, l’Egypte, la Grèce, Israël, etc.

Au fait, la toupie, comment ça fonctionne, et pourquoi ça tient debout quand ça tourne ?
Procédons par étapes.
Attachez une pierre au bout d’une ficelle, et faites-la tourner au-dessus de votre tête. La pierre va progressivement s’élever, jusqu’à ce que la corde arrive à l’horizontale qu’elle ne dépassera jamais. Elle essaye de s’échapper, la pauvre..., et donc elle s’éloigne le plus possible de son point d’attache : c’est l’effet de la force centrifuge que vous lui avez communiquée.
Imaginez maintenant un axe autour duquel seraient attachées une multitude de pierres au bout d’autant de ficelles. Faites tourner l’axe, les pierres vont toutes s’élever, et tirer vers l’extérieur.
Et, comme il y a une multitude de ficelles disposées en rayons de roue, elles vont tirer par « couples », c’est à dire que deux par deux, elles vont tirer dans deux directions opposées, et les forces vont s’équilibrer autour du centre, à condition, bien sûr, que les pierres aient toutes exactement la même masse et que les ficelles aient exactement la même longueur.
Imaginez encore que vous collez ensemble toutes les pierres et toutes les ficelles dans cette position haute: vous obtenez une toupie !
Alors, pourquoi elle s’arrête et tombe ?
Parce que l’équilibre des forces n’est jamais parfait, et parce que le frottement de la pointe sur le sol ralentit la course : les « pierres » retombent petit à petit et, donc, ne tirent plus assez sur l’axe pour le tenir debout...

          Les plus anciennes toupies conservées sont en terre cuite moulée, et sont peut-être antérieures à l’invention du tour à bois, qui date du IIe millénaire avant J.C., de l'Age du Fer, à moins que, tout simplement, le temps n’ait eu raison de celles qui étaient tournées en bois…

Qui a inventé la toupie : un adulte ou un enfant ? Et tout de suite surgit la question : à ces époques reculées régies par la pensée magique, c’était quoi un adulte par rapport à un enfant ?
Et que croyaient ou savaient vraiment ces anciens concernant les astres et la dimension cosmique de notre objet ? Peut-être plus qu’on ne croit…

Tout ce qui est rond et tout ce qui tourne est sacré et, bien sûr, le cycle des saisons, éternel pour nous, aléatoire pour eux: quoi de plus naturel que la toupie pour symboliser cela ?
Et quoi de plus magique dans le pouvoir de relancer symboliquement le monde et de lui redonner son équilibre, s’il venait à le perdre ?
Associée à quoi, la toupie ? Au jeu ? Au rite ? Mais, n’est-ce pas la même chose ?

Parfois semblable à un dé, la toupie devient jeu de Hasard qui, comme l’on sait, est l’autre nom de Dieu…
          De ce point de vue-là, le «dreidel » en yiddish ou « sevivon » en hébreu, la toupie juive, est un exemple parfait.
          Cette toupie-dé comporte quatre lettres : Noun, Guimel, Héi, et Chin, et s’utilise lors de la Fête des Lumières (Hanoucca), c’est-à-dire au Solstice, à l’époque de Noël.
Selon la tradition, la fête de Hanoucca, commémore la victoire juive, en 165 Av. J.C. sur les Grecs qui dominaient la Judée. Les Juifs allumèrent à l’époque une ménora, prévue pour durer un jour. Or, l’huile d'olive brûla miraculeusement pendant huit jours.
http://www.veroniquechemla.info/2011/12/jeux-et-jouets-juifs.html

Les quatre lettres de l’alphabet hébraïque forment l’acronyme de « Nes gadol haya cham », qui signifie « Un grand miracle eut lieu là-bas », (en Israël).

On devine facilement là-dessous les jours de latence et d’incertitude qui s’écoulent entre la « mort » du Soleil et sa « renaissance » à cette époque de son cycle. Les Païens y situaient la saison des Sorcières, et les Catholiques y comptent douze jours, entre Noël et Les Rois qui viennent adorer le nouveau-né.

On comprend mieux maintenant le jeu associé à cette toupie, et les significations qu’elles y acquièrent. Ce jeu consiste à créer un « pot commun », d’argent ou de friandises, puis à lancer la toupie à tour de rôle.
Si elle tombe sur Noun, cela signifie "ne prends rien dans la cagnotte" ; sur Guimel, "prends le tout" ; sur Héi, "prends la moitié" ; sur Chin : "ajoute à la cagnotte".
Symboliquement, c’est bien une conjuration de l’incertitude cosmique qui prévaut, concernant cette période et ce jeu!.
Les croyants Juifs ont associé encore aux mouvements de la toupie des ressemblances avec ceux des leurs qui font la prière : si la toupie « tourne très bien mais reste sur place, elle récite « Chemoné Esré » (la prière des 18 Bénédictions, où l'on reste debout, immobile). Lorsqu'elle se penche d'un côté et de l'autre, elle récite « Osé Chalom », à la fin de la « Chemoné Esré » (où l'on se penche alternativement à gauche et à droite). Si la toupie fait de grands tours, elle fait les « Hakafott de Sim'hat Torah », où l'on fait le tour de la Tévah, ou bimah, estrade où on lit la Torah. Si, enfin, elle tombe d'un côté, elle récite le « Ta'hanoune » (supplications) ».

C’est ainsi qu’un jouet et un jeu sont aussi des supports d’intégration religieuse et sociale.




lundi 31 mars 2014

Le moteur électrique



Un moteur électrique est constitué de deux parties principales.

La partie fixe : le stator.
La partie mobile : le rotor.

Le principe est l’utilisation de la force des aimants qui s’attirent et se repoussent.

Le + attire le +                    +>---------<+

Le — attire le —                ->----------<-

Le + repousse le —             +<--------->-

L’électricité de la pile crée un aimant (un champ magnétique) dans le bobinage.


En tournant, cet aimant mobile présente tantôt le + et tantôt le — devant l’aimant fixe : ils s’attirent et se repoussent constamment, et cela fait tourner le bobinage (le rotor).


samedi 8 mars 2014

La balançoire, c’est juste pour rire ?

La balançoire, c’est juste pour rire ?

          Des millions d’années avant l’apparition d’Homo Sapiens sur la Terre, elle se balançait déjà au bout de son fil, cherchant le sens du vent qui la porterait au loin, pour étirer l’aérienne géométrie de sa toile.

          A-t-elle donné des idées aux Hommes? Qui le sait?
          Ce qui est sûr, en revanche, c’est que les balançoires de nos enfants existaient déjà dans les temps préhistoriques.   

Mais étaient-elles exactement des jeux?
          Cette extraordinaire statuette a été mise au jour par des archéologues à Agia Triada, en Crète.
          Elle date d’environ 1450/1300 av. J.C., et appartient à la civilisation minoenne.
          C’est bien une balançoire installée entre deux arbres, et le personnage qui se balance est féminin. 

Alors, la question se pose : est-ce un jouet d’enfant ?
Certes, les enfants sont capables de jouer avec n’importe quoi mais, compte tenu du contexte historique de l’époque, des légendes postérieures et même des pratiques qui ont subsisté jusqu’à nos jours, on a tout lieu de penser qu’il s’agit plutôt d’un objet lié à un culte.

Lorsqu’on pense « balançoire », on pense immanquablement à « aiora » (Αιώρα ) qui a le même sens en grec, et à « oscilla » en latin.
Et, bien entendu aux fêtes des Aiôries, et à la légende que les auteurs répètent ou réécrivent à l’infini, celle d’Érigoné.
En voici une version simplifiée.
Un paysan athénien, Ikarios, père de la jeune Érigoné, reçut un jour un étranger de passage, à qui il fit les honneurs de sa pauvre maison.
Or l’étranger n’était rien moins que Dionysos lui-même qui, pour le récompenser, lui enseigna le secret de la fabrication du vin.
Tout fier de son nouveau savoir, le paysan s’en fut convier des bergers à une bonne dégustation. Il faut croire que la boisson leur plut, car certains se retrouvèrent bientôt ivres morts.
Les autres, croyant qu’Ikarios les avait empoisonnés, tuèrent le malheureux vigneron et l’abandonnèrent sur place.
La chienne Maïra rentra seule à la maison. Érigoné, la fille, s’inquiéta et partit à la recherche de son père. Guidée par la chienne, elle ne tarda pas à trouver le cadavre abandonné. Folle de désespoir, elle se suicida en se pendant à un arbre.
Pour venger Érigoné, Dionysos déclencha alors, parmi les autres filles du village, une énorme vague de suicides identiques.
Il fallait arrêter le désastre et, pour ce faire, on institua une fête rituelle, l’Aïora, au cours de laquelle on suspendait des figurines et des poupées dans les arbres, substituts des jeunes filles, afin de tromper le Dieu et de l’apaiser.
De là viendraient les balançoires.

Cette légende, qui possède d’innombrables variantes, a fait couler beaucoup d’encre pour en rédiger autant d’interprétations...
Le fin mot de l’histoire reste encore à écrire, et je ne me sens pas en mesure de le faire.
Cependant, si l’on rassemble des informations et des interprétations glanées ici et là, on peut faire des hypothèses.
De toute évidence, cette histoire n’est pas convaincante, dans aucune de ses versions. C’est cet aspect même qui peut nous mettre sur la piste : elle est tardive. En effet, elle semble bien être une tentative d’explication rationnelle et acceptable —sa maladresse la trahit— d’un rite qui, au moment de sa rédaction, avait déjà perdu, ou refusait la signification profonde de ses origines : le sacrifice humain ! Dur à assumer...

 « Érigoné » signifie en grec «qui naît au printemps », et nous sommes à l’époque minoenne, qui a divinisé la Nature et l’a célébrée par de nombreux cultes de renaissance et de fertilité.
Un objet du culte minoen, conservé en plusieurs exemplaires attire l’attention : le « kernos ». il s’agit d’un ensemble de petites coupes d'argiles attachées à un vase central.
Les auteurs qui en parlent pensent qu’il aurait servi au cours des « mystères », mais ne savent pas trop lesquels.
Si on observe bien le mot, on y trouve la racine indo-européenne « KRN », celle même qui structure le nom du dieu celte Cernunnos » (ou Kernunnos).
Tout cela situerait donc l’origine de la balançoire à l’époque des Celtes, dans une civilisation de chasseurs cueilleurs, au paléolithique ou au mésolithique indo-européen.
Pour mieux comprendre, il convient de se mettre en situation —d’essayer, au moins !— : ces peuples avaient comme unique source de subsistance la viande du gibier et les fruits des arbres qui eux-mêmes alimentaient les animaux et donnaient le combustible pour le feu. On comprend donc facilement l’importance vitale que revêtaient les arbres, et la vénération que ces populations leur portaient, jusqu’à les diviniser, leur instaurer des cultes et leur offrir des sacrifices... humains, car c’était de règle à l’époque.
Les sacrifices par pendaison à des arbres étaient communs chez les Celtes adorateurs d’Odin. Les victimes étaient pendues puis transpercées par des sagaies, afin que leur sang fertilise le sol, et elles restaient là jusqu’à ce qu’elles tombent en lambeaux, balancées par les vents.

Lorsque cessèrent les sacrifices humains, elles furent remplacées par des figurines et des balançoires rituelles.

          Au cours de l’évolution des pratiques, tout l’implicite déjà inclus au départ dans le sacrifice lui-même s’est extériorisé, diversifié, développé de manières différentes    
en rituels et en fêtes, puis en folklore et en simples jeux de jardins.
Mais la transcendance de la symbolique reste toujours et partout présente dans l’inconscient collectif, même dans les jeux les plus innocents. Si non, comment expliquer la survivance multimillénaire des balançoires et des escarpolettes ?
Les chercheurs, chacun selon son point de vue, ont pu isoler de bien intéressants symboles, au-delà, bien sûr de l’horreur de l’offrande d’une vie, c’est à dire du meurtre d’un innocent, pour apaiser des dieux.

Le cœur du sujet, c’était bien l’espérance pour ces peuples que se perpétuent les sources de leur subsistance, et de voir renaître la végétation chaque année au printemps. Dans l’état de leur croyances, ce n’était sûrement pas un acquis éternel.
Nous, nous sommes moins « stupides », et nous savons que le retour du printemps est un acquis définitif. Nous ferions bien pourtant d’y réfléchir un peu...
Les Hasards heureux de l'escarpolette de FRAGONARD

Il s’agissait de rites de fertilité, de fécondation, de renaissance, et ce n’est donc pas par hasard que, sur les balançoires figurent uniquement des jeunes filles, avec toute la sensualité aérienne qui en émane.   
C’est que les sensations de vol, d’apesanteur et de vertige, celles des chamans et des mystiques en transe, sont bien présentes aussi.

L’arc de cercle décrit dans les airs par la balançoire, tangent avec la Terre, est symétriquement l’inverse de celui du Soleil, tangent avec le zénith et, symboliquement, ils se rejoignent en cercle pour se féconder, dans la pensée magique.

    Fascinant ballet cosmique, apesanteur astrale, danse inversée du Soleil, vertige du spasme hiérogamique, fécondation rituelle, cycle infini des renaissances: la balançoire des Filles!

          Voilà pour l’essentiel.

jeudi 20 février 2014

La chenille

LA CHENILLE

Texte et musique d’Alfredo Zitarrosa : http://www.youtube.com/watch?v=bxjLgz31v3Q&hd=1

¿Dónde estarán los zapatos aquellos
que tuve y anduve con ellos?
¿Dónde estarán mi cuchillo y mi honda?

El muchacho que fui, que responda.    



Toute traduction est une trahison, mais, pour vous donner une idée:
 Où sont passés les vieux souliers
que j’avais jadis pour marcher ?
Où sont donc mon couteau et ma fronde?
Que l’enfant que je fus me réponde.


vendredi 31 janvier 2014

LE CLOWN BILBOQUET

Même en hiver on trouve quelques bouts de bois secs et un peu de ficelle!
Et la scie est à portée de main, ainsi que la perceuse.
Alors, pourquoi ne pas s'y mettre?

Lui, il nous attend, encore épars, démembré,  incréé, virtuel parmi les bouts de bois, et il est impatient de prendre forme humaine...
Ah, enfin!

lundi 27 janvier 2014

Le jacquemart russe « Kuzniètzi »

Le jacquemart russe « Kuzniètzi »


Ce jouet célèbre se nomme en russe « медведь и мужик, кузнецы » (prononcez, à peu près : Miédviéd i moujik, kouzniètzi), autrement dit : « L’ours et le paysan, les forgerons ».
Vous riez, parce que vous pensez au non moins célèbre Dmitri Medvedev, et à son compère Vladimir P... Mais non, ça n’a rien à voir : eux, ils n’étaient pas encore nés !


La première chose qui attire l’attention, c’est que le mot « jacquemart » n’apparaît pas dans le nom russe. Ce terme, d’ailleurs, ne semble pas avoir de traduction dans les autres langues que le français, sauf en anglais avec « quarterjack » (Jacques quart, pour quarts d’heure).

Intéressons-nous donc un peu aux vrais jacquemarts, et nous tenterons ensuite de voir s’ils ont un rapport avec le jouet russe des « forgerons ».

          Si l’on consulte les bons vieux dictionnaires français, on trouve bien naturellement les deux sens de :
          1¤ « Automate de bois ou de métal représentant un personnage armé d'un marteau, qui frappe les heures sur le timbre ou la cloche d'une horloge placée à la partie supérieure d'un édifice, d'un beffroi ou d'une église. »
          2¤ « Jouet d'enfant qui se compose de deux figurines frappant alternativement sur une enclume placée entre elles. »

Mais, lorsqu’il s’agit de chercher d’où vient le mot, on a quelques surprises, par exemple celle-ci : « L'origine du nom serait celui de l'inventeur, un ouvrier, Jacques Marc, mécanicien flamand, qui construisit le jaquemart de Courtrai. »
Une vraie fausse étymologie ?
Peut-être, mais, cela donne tout de même une bonne piste, car on peut ainsi découvrir que ce jacquemart a été installé en 1382 sur le clocher de l’église Notre Dame de Dijon, par Philippe le Hardi, qui l’avait dérobé avec l’horloge attenante à la ville de Courtrai, en Belgique aujourd’hui, pour se venger d’une révolte des Flamands. Cela en renvoie la construction peut-être au début des années 1300, et en fait le plus ancien qui nous soit connu, à moins que ce ne soit celui d’Ovieto, Italie, de 1351.
D’autres étymologies nous parlent de « Jacques » et de « marteau », « nom générique pour désigner les guetteurs de beffroi ». Intéressant !

Reste à s’interroger sur l’essentiel : pourquoi « Jacques » ?
Et, qui étaient les « Jacques », au Moyen âge ? Vaste sujet qui va noue emmener bien loin!
On pense, bien sûr, à Saint Jacques de Compostelle, si important au Moyen Age, mais ça ne résout rien car, pourquoi avoir inventé cette histoire de tombeau retrouvé, et avoir donné le nom de Jacques à son prétendu occupant ?
Au Moyen Age, dans les milieux « initiés », Jacques signifiait « savant », et le « Pèlerinage des Etoiles » était le parcours initiatique sur lequel les disciples constructeurs allaient rencontrer leurs maîtres itinérants, occupés à édifier des ponts et des cathédrales, édifices énergétiques et donc « sacrés ». Tout cela en liaison, bien sûr, avec les deux colonnes du Temple de Salomon, Jakin —qui signifie « il affermira » en hébreu et « le savant » en basque—, et Boaz —« en lui est la force—.
On en a bien envie, mais peut-on pour autant faire le lien ? Ça aurait plus d’allure, non ?

          Revenons à nos « forgerons » russes.
          Nous sommes en Russie, à 70 km au nord-est de Moscou, en plein Moyen Age, vers 1450, dans un village nommé Bogorodskoïé.
          L’Histoire nous rapporte qu’un agriculteur ou artisan de ce village, qui a sans doute l’habitude  de fabriquer des jouets pour ses enfants, comme on le faisait à l’époque, vient d’avoir une idée.
          Il va sculpter deux personnages qu’il pense mettre en scène, l’un vis-à-vis de l’autre, par exemple des forgerons, artisans dont les gestes de travail, eux qui maîtrisent le fer et le feu, fascinent toujours autant les enfants.
          On peut se demander si notre homme était un simple artisan agriculteur sédentaire, ou bien s’il avait voyagé vers l’Ouest, en Belgique ou en France, par exemple, lieu de naissance, semble-t-il, des jacquemarts.
          Dans ce cas, il aurait pu en observer, et il aurait constaté que,
souvent, ces artefacts comportent deux personnages qui frappent alternativement sur une cloche.
Oui mais, voilà, le système de la plupart des jacquemarts est difficilement transposable à un simple jouet à tenir en mains. En effet, les sonneurs y sont maintenus par un pivot vertical, qui tourne sur lui-même, mû par un mécanisme invisible, situé en-dessous.
Et c’est là que se situe l’énigme: si notre homme a vu d’authentiques jacquemarts, ou en a simplement entendu parler, il a été obligé de créer un autre mécanisme, plus simple, ou bien alors, il a tout inventé.
Car deuxs choses sont sûres: les premiers jacquemarts sont bien en place depuis le milieu du XIVe Siècle, même si, dit-on, ils n’ont reçu ce nom qu’une centaine d’années plus tard, et notre agriculteur artisan russe a bien crée ce jouet vers 1450. Mais, il ne l’a pas créé avec ce nom, qui n’a d’ailleurs pas de traduction en russe.
Extrait de: http://www.youtube.com/watch?v=RF3JheQSB64  

          Alors, deux inventions totalement séparées, et un nom donné à posteriori au jouet, seulement en Europe de l’Ouest, et par analogie à un mécanisme qui y était déjà connu? Autre énigme!

Que dire de l’ours qui accompagne le plus souvent le forgeron?
Depuis les âges les plus reculés, la relation homme-ours a toujours été du type « je t’aime, moi non plus » !
En effet l’ours, par sa puissance physique, sexuelle, vitale, et surtout par sa position bipède, fascine et rend jaloux les hommes. Depuis toujours, des légendes courent à son sujet, y compris les plus scabreuses, comme « Jean de l’Ours », fils d’une femme... et d’un ours.
Il a donné lieu à de nombreux cultes et fêtes païennes, tant et si bien que l’Eglise catholique a fini par le diaboliser !

          L’originalité de ce jouet c’est que le méchant ours est ici le compagnon de travail d’un homme. L’animal y apparaît comme dominé, domestiqué, docile et consentant, presque bonhomme. Un peu comme s’il était l’ancêtre du « nounours », ce qu'il n'est pas.

          Mais l’histoire ne s’arrête pas là: ce jouet plaît vraiment beaucoup à tout le monde dans le village, et les autres enfants en voudraient bien un aussi!
          C’est ainsi que notre artisan s’est mis à fabriquer des quantités de ces jouets, et d’autres encore,
puis à les vendre et peut-être à en tirer quelques subsides.
          Et voilà comment naît une tradition!

          Aujourd’hui, on les fabrique en série à Bogorodskoïé, car ils sont exportés dans le Monde entier, et ils sont devenus en quelque sorte, avec les « matriochkas », l’emblème ludique de la Russie.





vendredi 22 novembre 2013

A la "Villa Présentine", de RAUZAN

Durant les Semaines Bleues, 

il n'y a pas d'âge pour être jeune, 
et pour s'émerveiller, 
à la Villa Présentine de Rauzan:
Photo Villa Présentine

Photo Villa Présentine

Et chacun y trouve ou y retrouve 
une joie à sa mesure!





samedi 9 novembre 2013

Poupée de maïs, III

Petit pastiche:

Nous n'irons plus aux champs les maïs sont coupés,
La belle que voilà ira les ramasser.


C'est vrai, les maïs sont coupés, et les enveloppes des panouilles sont tombées dans la boue, triturées par les machines.
Mais, qu'importe, on en trouve encore de presque propres.

Et, la belle de la chanson, ce sera la poupée?

Les préparatifs:

Et d'une:

Et de deux:

mardi 5 novembre 2013

Le couteau, d’une violence à l’autre...

Le couteau, d’une violence  à l’autre...

Anodin, le couteau de poche ?
Sûrement pas : il n’y a qu ‘à voir ce qui se passe aujourd’hui dans les sas de contrôles des aéroports, et dans les écoles !
Et pourtant, il fut un temps ou chaque enfant —garçon, bien sûr !— avait son couteau dans sa poche ; l’un n’aurait pas pu vivre sans l’autre. Et jamais, même dans les pires bagarres, personne n’aurait sorti son couteau contre son adversaire. Ce n’est peut-être pas par hasard, car ça avait, loin dans l'inconscient culturel, un caractère sacré...
Mais, les choses ont bien évolué !

Revenons encore une fois aux sources, latines, pour l’occasion : « couteau » vient de « cultellus », de « culter », et enfin du verbe « colo ».
Et c’est le verbe « colo » qui nous intéresse, par son champ sémantique initial, et par sa nombreuse descendance, polysémique et protéiforme, comme tous les termes racines.
Il signifie en effet, à la fois et tour à tour : cultiver, habiter, séjourner, soigner, entretenir, orner, parer, s'occuper de, pratiquer, exercer, protéger, veiller sur, s'intéresser à, honorer, vénérer, adorer, respecter, avoir des égards pour, montrer de la déférence, courtiser, puis, associé à d’autres termes : cultiver (ses champs), pratiquer (la vertu), exercer (un métier), respecter (la paix), accomplir (les sacrifices domestiques).
Lorsqu’on lui donne son nom complet, à la mode latine, on a : colo, colĕre, colŭi, cultum, qui sont différentes formes initiales de sa conjugaison. Et c’est la dernière qui nous intéresse : « cultum ».
Compte tenu de l’ensemble des significations de ce verbe, on comprend très facilement la descendance de "cultum » en ‘culture » des champs ou de l’esprit, en « culte » à une divinité, et même en « colonie » ou « colonisation ».
Mais, que dire de « culter » qui signifie couteau ?
« CULTER  est le nom donné par les anciens à différents instruments employés pour couper, qui étaient faits d'un seul tranchant, le dos un peu large, et la pointe aiguë ; tous servaient pour les besoins du ménage et de l'agriculture, mais non de la guerre, excepté quand on parle des temps barbares et d'un assassin plutôt que d'un soldat. Notre mot couteau est peut-être la traduction la plus exacte, mais le culter ancien ne désigne en général dans les instruments que nous appelons couteaux que ceux de la plus grande espèce », dit un dictionnaire français.
Faisons un pas de plus dans le dictionnaire. Nous découvrons ceci, à « culter » : « Couperet employé par le cultrarius dans un sacrifice pour couper la gorge de la victime (Plaut. Rud. I, 2, 45), et par les bouchers à l'abattoir (Varro, R.R. II, 5, 11) ; il était fréquemment représenté sur les bas-reliefs des sépulcres”.
Et, un peu plus loin : « cultrārĭus signifie victimaire (celui qui égorge la victime)”.
          “Le CULTRARIUS était un assistant d'un prêtre qui officie ; il immolait la victime dans un sacrifice, en lui coupant la gorge avec un couteau, culter, par opposition au popa qui l'abattait d'un coup de hache, securis, ou de maillet, malleus (Suet. Cal. 32 ; Inscript. ap. Grut. 640, 11). La gravure ci-jointe, prise d'un très beau bas-relief en marbre découvert à Pompéi, représente une vieille femme et un faune occupés à offrir un porc en sacrifice : la première fait office d'une prêtresse, et le second du cultrarius qui coupe la gorge de la victime. »

Autrement dit, le « culter » était un instrument du « culte », destiné à verser le sang de la victime, car à Rome, on regardait l'effusion du sang comme très agréable aux divinités.
La victime était préalablement recouverte d’une pâte faite de farine de froment et de sel, appelée en latin mola, d’où « immoler » (enduire de mola).
Puis, le prêtre goûtait le vin, en donnait à goûter à ceux qui étaient présents, et le versait entre les cornes de la victime. Cette cérémonie constituait les libations.
Ensuite le cultrarius égorgeait la victime et aussitôt on recevait le sang dans des coupes.
Enfin, le sacrifice terminé, les sacrificateurs se purifiaient les mains, et congédiaient l'assistance par la formule Licet ou Ex templo, c'est-à-dire : « On peut se retirer ».
Le pain, le vin, le sacrifice, ça ne vous rappelle rien ?

Le couteau, instrument central du sacrifice, oui, mais pour quelle raison, pour quoi faire ?
La langue espagnole a peut-être la réponse.
En espagnol, couteau se dit « cuchillo » (même origine), mais aussi « navaja », mot qui amuse les touristes qui ne savent ni le prononcer ni l’utiliser à bon escient... Parce que ça fait « couleur locale », n’est-ce pas ?
« Navaja » vient du latin « novacula », qui signifie couteau, on s’en serait douté !
Et « novacula » ? Eh bien, son origine est dans le verbe « novo », qui signifie rénover, renouveler et même, en politique, « novare res » signifie « changer l’ordre des choses », « faire une révolution ».

Tout est dit !
Le couteau permet de renouveler les choses, par le sacrifice rituel.
Le couteau, principal instrument « sacré » du culte, et fondateur de la culture !

Voyez comme les choses ont bien changé !


jeudi 24 octobre 2013

Au cœur du sacré, le rhombe

Au cœur du sacré, le rhombe

Pour accéder au sens profond du rhombe, il nous faut passer par la pensée magique la plus ancienne. Il nous faut remonter au moins au paléolithique...
On pourrait aussi renverser l’ordre des termes : par le rhombe, accéder à la pensée magique de nos plus lointains ancêtres !
Et aussi par la religion.

La pensée magique
La formule qui la synthétise peut-être le mieux est celle-ci : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». C’est une formule de la « Table d’Emeraude », issue des enseignements ésotériques d’Hermès Trismégiste, le légendaire fondateur de l’alchimie.
Les principes qui semblent gouverner la pensée magique sont, en vrac, l’analogie, la symétrie, la correspondance, l’interdépendance, la réciprocité, la similitude, la spécularité, l’interactivité, l'interconnexion, l’interpénétration, la corrélation, la cohérence, l’indissolubilité, la complémentarité, l’unicité, la consubstantialité, la contiguïté, entre deux mondes réputés comme existant réellement l'un et l'autre : le visible et l’invisible.

La religion
On est bien d’accord, « religion » vient du latin « religare », qui signifie relier.
Mais, relier quoi à quoi, qui à qui ? Le visible à l’invisible ? Les membres du groupe social entre eux, pour éviter le chaos ?
En fait, il semble bien que la première proposition soit le mythe, alors que la seconde est le but effectif et vérifiable.
Le mythe est indispensable à la cohésion sociale, et il faut le réactiver par le rite.
Le rhombe est l’un des instruments les plus anciens et les plus universels de cette réactivation rituelle.

Le rhombe, origine du mot français
« Rhombe » provient du grec ancien Ρόμβος (rhombos), du verbe Ρέμβω (rhémbô).
Vous allez dire qu’on est bien avancé avec ça !
Eh bien si, on est bien avancé, et même très bien, car le verbe « rhémbô » signifie tourner, errer ça et là.
« Rhombos » est un mouvement circulaire, un tournoiement, une rotation, une action de brandir, de lancer.
C’est aussi tout objet de forme circulaire ou tournant, le rouet du magicien, et même... le pénis, avant d’être la forme géométrique du losange.
Tout est dit !
Donc, affirmer que le rhombe est ainsi nommé à cause de sa forme rhomboïdale est faux. C’est juste le contraire !

        Nature et fonction « sacrées » du rhombe.
La forme du rhombe semble bien avoir atteint sa perfection au regard de son aérodynamisme, lié à la sonorité qui en est attendue, par exemple le meuglement de l’aurochs ou du taureau, en basses fréquences ou même en infrasons audibles seulement par les animaux, d'où l'effet de frayeur qu'ils produisent sur eux  (20 / 70 Hz)., dès les âges les plus reculés.


Le rapport longueur/largeur semble se situer généralement autour de 4/1 à 7/1.

La question de la décoration a été longuement étudiée, surtout celle des « churingas », rhombes des peuples premiers d’Australie.
Il semble que cette décoration ne soit constituée ni d’une écriture ni d’idéogrammes en usage à l’époque et correspondant une la langue locale, mais de graphismes personnalisés, seulement connus par l’auteur propriétaire de l’objet, et par la divinité invoquée.
L’objet est tabou, c’est-à-dire qu’il est interdit aux personnes non initiées : femmes et enfants, et il reste caché à leur vue.
Le cœur du sujet est la mise en œuvre du rhombe au cours des cérémonies rituelles : c’est la symbiose produite entre l’objet (avec sa décoration, sa sonorité symboliques) et celui qui le manie, qui va en faire un objet « sacré », capable de faire entrer les participants en résonance ou en syntonie avec l’au-delà, donc qui va lui donner sa vie et son sens véritables.
La cérémonie est le plus souvent liée à des rites d’initiation qui font accéder les jeunes au statut d’adulte initié (restructuration individuelle après les troubles de l’adolescence) et qui, au passage, ressoudent la communauté autour du mythe (restructuration collective).
Ces cérémonies sont scandées par des phénomènes de transe auxquels divers éléments contribuent : le rhombe, le tambour, les plantes hallucinogènes, les chants, etc.
La sonorité du rhombe ressemble étrangement à la syllabe « OM » des Hindous, réputée imiter le « son de la Création ». C’est pourquoi elle est censée être la voix des ancêtres ou des dieux fondateurs.
En fait, comme aurait dit La Pallice, ce qui n’est pas naturel est « surnaturel » et, durant la transe, les participants entrent dans des états modifiés de la conscience qui, n’étant pas naturels eux non plus, sont considérés comme un voyage dans l’au-delà.
Les anciens Crétois pratiquaient des rites mystériques d’initiation, sous l’égide du dieu Mithra, au cours desquels ils sacrifiaient des taureaux, tandis que l’on on entendait le dieu mugir comme un taureau, depuis un lieu invisible, selon Eschyle. Qui ou quoi pouvait bien « mugir » ainsi, derrière le décor ?
Des études scientifiques (enregistrements très pointus) sont actuellement menées en Espagne, concernant les sonorités produites par les rhombes dans les grottes peintes de la préhistoire : les échos, les fréquences, les harmoniques varient d’un lieu à l’autre, mais surtout acquièrent de curieuses spécificités aux abords des parois peintes. A suivre !
La pensée magique est à l’œuvre : parler la langue du dieu, de l’ancêtre, du totem, aller les rencontrer dans l’au-delà, et les ramener au clan en leur faisant parler leur propre langue par le truchement du rhombe, voilà ce qui se joue.

Tout cela, pour dire à ceux qui prennent le rhombe pour un jouet ou pour un instrument de musique, ou pour un téléphone de brousse, sont un peu loin du compte !

Je ne veux pas terminer sans faire un peu d’humour : ce « mugissement » entendu dans le bruit du « bull roarer » ou du taureau de Mithra, c’est bien évidemment un produit de l’imagination, une métaphore.
Ce même bruit pourrait tout aussi bien aussi être entendu comme un vrombissement (essayez et écoutez avant de réagir !). Et un vrombissement de quoi ?, Parbleu, mais c’est bien sûr, de fusée!
De fusée extraterrestre ?
Au regard du contrat social, ou du consensus actuel qui veulent que les extraterrestres ça n’existe pas, cette hypothèse est clairement une grossière erreur, à moins que ce ne soit la preuve d’une pathologie avérée...
C’est bien à peu près cela que l’on disait à l’époque à Galilée, non ?




vendredi 4 octobre 2013

Poupées de maïs, SUITE (mais pas encore « fin »


Vous  êtes  nombreux à cliquer sur « Poupées de maïs ».
Pas étonnant, c’est le moment ou jamais ; les maïs sont mûrs à point, et bientôt ils seront moissonnés...
J’espère bien que vous n’êtes pas déçus par l’Histoire du maïs que je propose, mais je ne pourrais pas en dire autant en ce qui concerne les poupées.

Ce matin, la pluie est tenace ; elle n’invite pas à grand chose, plutôt à rien...
Ah, non ? Eh bien, si !
Les panouilles de maïs doivent être bien détrempées, surtout leur enveloppe. Juste ce qu’il faut pour faire (tenter de faire) une poupée.
C’est parti !
Effectivement, le champ est gorgé d’eau, et tout ce qui est dessus, aussi. Et les panouilles sont magnifiques.

Dire que je n’y avais pas pensé plus tôt : les feuilles de l’enveloppe sont fixées à la hampe par un bourrelet circulaire. Juste ce qu’il faut pour enserrer le cou de la poupée et lui faire comme une cape, mais pas trop serreé, la pauvre...
Ces feuilles, ou bractées se nomment "spathes", su latin spatha (feuille de palmier), lui-même du grec σπάθη spathê (large lame), qui a donné "épée"..
En fait, grâce à cette particularité, c’est très facile de faire une poupée de maïs.


Mais la faire belle, ça c’est encore autre chose...
Au prochain épisode, on tâchera de faire mieux.

lundi 30 septembre 2013

La cueillette des pommes

La cueillette des pommes

L’automne est revenu, avec ses fruits et ses couleurs...
En voilà bien un sacré « marronnier » !

Il n’empêche; les jouets et les photographes ont de quoi se mettre sous la dent. Voyez un peu :
Et maintenant, en mouvement:


lundi 16 septembre 2013

Les orties de l'Auzette

Les orties de l'Auzette

Ruisseau d'une modeste longueur de 10 kilomètres, l’Auzette coule de Saint-Just-le-Martel jusqu’à Limoges où il se jette dans la Vienne.
Sa traversée limougeaude a été aménagée en remarquables espaces verts qui combinent harmonieusement zones impeccablement dégagées et zones naturelles où l’ortie s'épanouit à son aise, en terrain granitique.

Sept ans de pension passés jadis derrière les murs du Lycée Gay Lussac, alors qu’il n’en est qu’à deux pas, ne m’avaient pas permis d’en connaître seulement l’existence, et ce sont les jouets qui m’y ont conduit ! Pour une superbe animation, dans son cadre et sa conception.
Le ciel était un peu trop mouillé, mais le Soleil était dans les cœurs...
Et puis, ce temps, c'est bon pour les orties!



Des visiteurs attentifs, passionnés, participatifs à souhait!

mardi 10 septembre 2013

Dialoguer avec les éléments naturels

Dialoguer avec les éléments naturels

Le vent, personne ne peut le voir, on peut à peine le toucher quand on lève un doigt mouillé pour savoir d’où il souffle, et si l’on sent quelque odeur, ce sont les effluves qu’il tansporte. On l’entend quelquefois, mais ce n’est pas toujours bon signe...

L’humidité de l’air, mis à part que ça active les rhumatismes des grands-parents et... des jouets rustiques, ça ne se voit guère non plus.

Le courant de l’eau, ça se voit, mais sa force n’est pas toujours bien évaluée par qui ne l’a pas expérimentée dans son corps, à la nage, à la pêche, en bateau, etc.

Trois jouets vont nous rendre cela très concret, par l’observation de la vie que leur insuffleront les éléments naturels eux-mêmes.  
Et ces instants magiques nous révèleront l’invisible...
Nous allons donc pouvoir établir un véritable dialogue avec la Nature.

Pour l’éolienne, je vous renvoie à la page correspondante de ce blog : ICI. http://jouet-rustique.blogspot.fr/2011/08/le-moulin-libellule.html
C’est la plus vivante et la plus bavarde, surtout si on la sonorise par une crécelle !

L’hygromètre à pigne

Cela faisait bien longtemps que je ne le fabriquais plus.


C’est au cours du stage de Virelles, très expressément centré sur la nature locale et sur le dialogue avec elle, que je l’ai refabiqué, sur place, avec les éléments que j’avais sous la main, et un minimum d’outils.
Une vraie fabrication rustique, pour un appareil qui va cependant fonctionner très longtemps.
La pigne, ou pomme de pin, s’ouvre à la sécheresse et se ferme à l’humidité, afin de larguer ses graines au moment opportun. C’est cette sensibilité que nous allons développer.
La méthode consiste à relier par un fil l’une des écailles de la pigne à une fléchette, en établissant un effet maximum de bras de levier, afin d’amplifier le mouvement.
La fixation se fait avec de simples bouts de fil de fer.


La première fois que j’ai testé le remonte-courant, j’étais déjà grand père ; je vous dis ça pour que vous compreniez mieux.


Pour ce faire, je me suis rendu au ruisseau du village, et je me suis planté au beau milieu du courant, regardant vers l’aval.
J’ai lâché mon bateau qui a suivi le fil de l’eau jusqu’au bout de la dizaine de mètres de sa laisse.
Puis il s’est arrêté et, oh merveille, les aubes se sont mises à tourner et mon engin s’est mis à remonter allègrement le courant ! En rembobinant le fil.
On a beau être grand père, on n’en reste pas moins heureux d’avoir réalisé quelque chose qui fonctionne, surtout en pensant à ses petits-enfants que l’on verra bientôt patauger dans ce même ruisseau, avec ce même jeu !
Ce n’est que lorsque mon remonte-courant a eu rembobiné ses 10 m de fil pour revenir littéralement dans ma main, que j’ai relevé la tête, et que je l’ai aperçu : un peu plus loin en aval, un pêcheur m’observait avec un étonnement non dissimulé, et même avec des mimiques qui en disaient long sur la santé mentale qu’il semblait me prêter ... A moins qu’il n’ait pensé que j’expérimentais un nouvel attirail de braconnage !
 
Et voilà comment le vent, l’humidité de l’air et l’eau qui court deviennent des partenaires de jeu, et aussi de véritables maîtres car, eux, ils sont patients, rigoureux, exigeants, nobles et généreux !

jeudi 29 août 2013

Fascinants jouets de KOBÉ (Japon)

Depuis que j'ai découvert ces jouets, leur image me hante!


Une copie "maison"

Kōbe, Kōbe-shi, —Kōbe signifiant “porte des esprits, ou des dieux” — ou Kobé est située sur l'île de Honshū proche d'Osaka.
La ville possède l'un des plus grands ports du Japon.


La source de mon trouble était, à première vue, que ces jouets fussent destinés à des enfants! Pauvres enfants! Et quelles sortes d’adultes pour faire de tels cadeaux!

En fait, ce n’est pas le cas.
Ces “jouets” ou “poupées” étaient destinées aux seuls riches étrangers, européens ou nord-américains qui, faisant escale de croisière au port de Kobé, remportaient dans leurs bagages des souvenirs “typiques” et… hors de prix, du Japon.
Ils ont aussi une histoire.
La mode s’en est répandue à partir de l’inauguration du port de Kobé, en 1868, et durant le règne de l’empereur Meiji (1868-1912).
Leur style est un héritage des poupées “Burnaku” (XVIIe / XVIIIe Siècles), qui étaient faites en buis et déjà nommées “Monstres Obaké”, du fait de leur apparence grotesque et satirique.
Il semble que le livre de contes fantastiques “Histoires du clair de Lune et de la pluie” d’Ueda Akinari (publication illustrée de 1776) en ait inspiré les silhouettes.
Le théâtre Kabuki lui-même a été influencé par ces personnages si fantastiques qu’ils ont l’air de ne pas être humains.
Ce n’est qu’à partir de 1926 que l’on s’est mis à les peindre en noir et rouge, et qu’ils ont pris le nom de “Poupées Kobé”.
Le mouvement mécanique le plus fréquent de ces poupées était de bas en haut. Cela s’est diversifié à partir des années 50.
Puis, avec les nouvelles technologies, de nouvelles modes sont apparues, et l’on sait ce qu’il en est aujourd’hui!


Quelques exemples, et des photos:
http://www.youtube.com/watch?v=mhQOQXanq38

http://www.youtube.com/watch?v=2ZZTcp4UnCoz

https://www.google.co.jp/search?um=1&hl=en&tbs=isch%3A1&sa=1&q=%E7%A5%9E%E6%88%B8%E4%BA%BA%E5%BD%A2%E3%80%80&btnG=Search&aq=f&aqi=&aql=&oq=&gs_rfai=&start=0&biw=1280&bih=642&sei=J1MfUtySMYaK0AWQs4HQBQ&tbm=isch#facrc=_&imgdii=XDXomdVebCEM0M%3A%3BL6DYQMfbPKkNkM%3BXDXomdVebCEM0M%3A&imgrc=XDXomdVebCEM0M%3A%3BQT-vKI4KpqzHsM%3Bhttp%253A%252F%252Fstat.ameba.jp%252Fuser_images%252F20120605%252F23%252Fcs-caca%252F82%252Fa1%252Fj%252Fo0440030012012852831.jpg%3Bhttp%253A%252F%252Fameblo.jp%252Fcs-caca%252Fentry-11270070691.html%253Ffrm_src%253Dthumb_module%3B440%3B300


Le même, animé:



samedi 17 août 2013

Pour une bûchette

Pour une bûchette

"Pour une amourette / qui passait par là...", chantait Lény Escudero.

Et d’une bûchette
trouvée dans le bois,
naquit une bête, 
un oiseau de proie.

C’est aussi une “histoire d’amour”...

Ce sont toujours les rencontres fortuites qui font les grandes créations!
Celle-ci n'est vraiment pas bien grande, mais elle m'a conduit à bouger un peu et à observer mieux.
D'abord, faire un "ménage" plus que nécessaire dans le "carton du bricolage", dissimulé au fond d'un placard, et à y découvrir des tas de merveilles, toujours prêtes pour l’aventure...
Puis à faire plusieurs fois le tour de la ville de Cauterets pour trouver les éléments manquants, en particulier... une plume d'oiseau.
Déjà, on ne voyait plus ici aucun papillon ni pratiquement aucun insecte, --même les sempiternelles mouches domestiques ont disparu-- et les conséquences ne se sont pas fait attendre... Pas la moindre plume, même dans les coins abrités du vent: j'ai fait le triste constat qu'il n'y a presque, non plus, aucun oiseau.
Encore il y a peu, des myriades de moineaux peuplaient de leurs zigzags et de leurs piaillements tous les avant-toits de la ville, et aujourd'hui, à peine quelques uns, valétudinaires, des curistes sans doute!
Seuls quelques rares couples de corbeaux viennent furtivement glaner les miettes abandonnées par les enfants des touristes sur l'Esplanade.
C'est peut-être pour cela que mon "oiseau de proie" a vaguement pris l'allure d'un corbeau.
(Techniquement parlant, c'est une crécelle: quand l'oiseau tourne sur son axe, la plume claque sur le moulin fixe.)


Alarmiste? Oui, sans doute. 
Vous vous souvenez de ce que disait Albert Einstein, à propos des abeilles?
Et l'on a beaucoup de peine à s'y faire...





jeudi 8 août 2013

Carte postale de Cauterets

Saxifrages fleuries




La Vie, c’est quoi la Vie ?
Est-ce fait pour apprendre ?
J’entends tous les avis,
Et ne sais lequel prendre

Des prophètes sagesse,
Barbarie des « barbus »,
Cri d’amour de Jésus,
Ou de Gaïa détresse ?

Pourquoi tant de questions,
Et pourquoi tant de doutes,
Vois donc, la solution
Est au bord de ta route !

Saxifrages fleuries
Aux fentes du rocher,
Vous offrez pour la Vie
Un sens et un nocher.





mercredi 7 août 2013

Poupée danseuse de claquettes

Le modèle original, vu sur Internet, était un "nègre" nord-américain qui dansait des claquettes, un vrai, bien noir, bien typique des année 30, environ.
Mais, maintenant, déjà qu'on ne peut plus dire "nègre", car il faut dire "black", en français dans le texte... (où est passée la saine "négritude" du noble Léopold Sedar Senghor?), et parce que je voyais mieux dans le rôle une belle jeune fille, c'est ce que j'ai fait à la place.

C'est une poupée qui danse des claquettes; ici elle est assise.
Lorsqu'on referme la pince tenue en main, elle se met debout, et lorsqu'on relâche, ses pieds vont claquer sur la planchette.
Il ne reste qu'à trouver le rythme!



La "Tome du Ramier", ou La Ferme du Ramier, à Montauban

Une bribe d'éternité

L' "éternité", ça existe vraiment?
Est-ce ce qui n'a "ni commencement ni fin" (?) comme le dit le Catéchisme?
Est-ce le cercle, le Cercle des temps cycliques des anciennes civilisations, toujours préservés et toujours rituellement recommencés?
Et si c'était plutôt l'absence de temps, être hors du temps, -et du lieu-, donc des contingences de la vie ordinaire?
Et si "le "temps du jeu" c'était précisément ça, un non-temps où l'on s'immerge dans "le sacré", le temps du rite, celui qui ressource, qui fait "reset", pour parler le langage des ordinateurs?
Et bien, notre homme, lui, il y est pleinement dans le temps du jeu, et le monde peut s'écrouler alentour; rien n'y fera!


Il aura eu sa bribe d'éternité, de sacré éternel. Car il n'y a pas d'âge pour se ressourcer!
Ça valait bien le déplacement, non? 


Post Scriptum:
 Une suite particulièrement sympa à cette journée rustique:
MERCI, LAURENT!

"Bonjour,



mardi 23 juillet 2013

ESQUERDES (47250 Guérin)

Quatre ans déjà, et la petite église d’Esquerdes, près du village de Guérin, sans doute avec la bénédiction de  Saint Christophe –le « porteur du Christ »-, mais surtout grâce aux "Membres actifs" de l'association qui la bichonne, n'a pas pris une ride, contrairement à d'autres --suivez mon regard...--. Bien au contraire, elle a encore rajeuni!


Et c'était, cette fois aussi, "une fête comme on n’en fait plus", bien loin des tracas du monde..."

dimanche 14 juillet 2013

mercredi 3 juillet 2013

Les jouets à Penne d'Agenais

C'est parti, et pour tout l'été!

Jeunes de tous les âges,  
vous pourrez voir les jouets, et en fabriquer avec les conseils d'animateurs compétents:


Pour vous faire une idée, cliquez ICI

Bon été ludique à tous.

lundi 1 juillet 2013

CORDES sur Ciel

Tout le monde connaît Cordes sur Ciel, mais peut-être pas 
"LE JARDIN DES PARADIS"


Au fait, "paradis" vient du latin paradīsus, lequel provient du grec παράδεισος et enfin, ce dernier, de l'avestique (langue des anciens Perses zoroastriens) pairidaēza, qui désigne un jardin royal enclos!

Alors, maintenant, vous comprenez pourquoi les Jouets Rustiques étaient là-bas au paradis dans le "Pavillon Persan"!

Et puis, le grand bonheur de ces rencontres ludiques, c'est que l'on croise toujours des personnages extraordinaires, comme celui-ci qui a improvisé une superbe rythmique avec le claquoir!











Et puis une charmante auteure cordaise, Françoise RICO,

dont je vous recommande vivement le livre, car c'est sans doute la meilleure étude publiée sur la Canne de Provence -"arundo donax" pour les intimes-.
Étude très ouverte, très bien documentée avec, en arrière-plan une corde qui vibre d'une discrète mais vraie sensibilité familiale .

"Le chant du roseau de Provence", Francoise RICO, ZurfluH Editeur

"Le chant suave de toute anche puise ses vibrations ­poetiques dans les champs de cannes de Provence, ­nourris par ­le ­soleil ­ardent du Midi et le souffle energique du ­Mistral... Petites languettes de roseau ligaturees sur le bec des ­saxophones, clarinettes... ou placees a l'embouchure des hautbois, ­bassons..., les anches sont les cordes ­vocales de ces instruments a vent, ce s­ont elles qui produisent le son. Sans anches , il seraient tout simplement muets ! Or, ces anches fabriquées a partir d'une matiere naturelle, la « canne de ­Provence », sont le fruit d une culture et d'un ­savoir-faire artisanal dont seul le Var, petit ­departement du Sud de la France, detient le secret. C'est dans cette région privilégiée que poussent, aujourd hui encore, les meilleurs ­roseaux a musique du monde et ce ­depuis l Antiquite... Cet ouvrage tout en couleur est illustré de 200 magnifiques photos. Biographie de l'auteur: Née en Provence au milieu des canniers, Francoise Rico a grandi au rythme des ­saisons roselières et de leurs ­melodies. Elle est la fille d'un des premiers ­marchands de cannes a­ musique du Var et arriere-petite-fille de ­Joseph Rico, le ­compositeur des célèbres valses lentes, qui donna au roseau varois une ­renommée internationale. Gagnée a son tour par la passion de la canne de ­Provence, elle a mis sa plume au service de cette noble plante musicale pour ­raconter ­l'aventure unique et fabuleuse du Chant du roseau de ­Provence."

Merci, Françoise!