lundi 31 mars 2014

Le moteur électrique



Un moteur électrique est constitué de deux parties principales.

La partie fixe : le stator.
La partie mobile : le rotor.

Le principe est l’utilisation de la force des aimants qui s’attirent et se repoussent.

Le + attire le +                    +>---------<+

Le — attire le —                ->----------<-

Le + repousse le —             +<--------->-

L’électricité de la pile crée un aimant (un champ magnétique) dans le bobinage.


En tournant, cet aimant mobile présente tantôt le + et tantôt le — devant l’aimant fixe : ils s’attirent et se repoussent constamment, et cela fait tourner le bobinage (le rotor).

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samedi 8 mars 2014

La balançoire, c’est juste pour rire ?

La balançoire, c’est juste pour rire ?

          Des millions d’années avant l’apparition d’Homo Sapiens sur la Terre, elle se balançait déjà au bout de son fil, cherchant le sens du vent qui la porterait au loin, pour étirer l’aérienne géométrie de sa toile.

          A-t-elle donné des idées aux Hommes? Qui le sait?
          Ce qui est sûr, en revanche, c’est que les balançoires de nos enfants existaient déjà dans les temps préhistoriques.   

Mais étaient-elles exactement des jeux?
          Cette extraordinaire statuette a été mise au jour par des archéologues à Agia Triada, en Crète.
          Elle date d’environ 1450/1300 av. J.C., et appartient à la civilisation minoenne.
          C’est bien une balançoire installée entre deux arbres, et le personnage qui se balance est féminin. 

Alors, la question se pose : est-ce un jouet d’enfant ?
Certes, les enfants sont capables de jouer avec n’importe quoi mais, compte tenu du contexte historique de l’époque, des légendes postérieures et même des pratiques qui ont subsisté jusqu’à nos jours, on a tout lieu de penser qu’il s’agit plutôt d’un objet lié à un culte.

Lorsqu’on pense « balançoire », on pense immanquablement à « aiora » (Αιώρα ) qui a le même sens en grec, et à « oscilla » en latin.
Et, bien entendu aux fêtes des Aiôries, et à la légende que les auteurs répètent ou réécrivent à l’infini, celle d’Érigoné.
En voici une version simplifiée.
Un paysan athénien, Ikarios, père de la jeune Érigoné, reçut un jour un étranger de passage, à qui il fit les honneurs de sa pauvre maison.
Or l’étranger n’était rien moins que Dionysos lui-même qui, pour le récompenser, lui enseigna le secret de la fabrication du vin.
Tout fier de son nouveau savoir, le paysan s’en fut convier des bergers à une bonne dégustation. Il faut croire que la boisson leur plut, car certains se retrouvèrent bientôt ivres morts.
Les autres, croyant qu’Ikarios les avait empoisonnés, tuèrent le malheureux vigneron et l’abandonnèrent sur place.
La chienne Maïra rentra seule à la maison. Érigoné, la fille, s’inquiéta et partit à la recherche de son père. Guidée par la chienne, elle ne tarda pas à trouver le cadavre abandonné. Folle de désespoir, elle se suicida en se pendant à un arbre.
Pour venger Érigoné, Dionysos déclencha alors, parmi les autres filles du village, une énorme vague de suicides identiques.
Il fallait arrêter le désastre et, pour ce faire, on institua une fête rituelle, l’Aïora, au cours de laquelle on suspendait des figurines et des poupées dans les arbres, substituts des jeunes filles, afin de tromper le Dieu et de l’apaiser.
De là viendraient les balançoires.

Cette légende, qui possède d’innombrables variantes, a fait couler beaucoup d’encre pour en rédiger autant d’interprétations...
Le fin mot de l’histoire reste encore à écrire, et je ne me sens pas en mesure de le faire.
Cependant, si l’on rassemble des informations et des interprétations glanées ici et là, on peut faire des hypothèses.
De toute évidence, cette histoire n’est pas convaincante, dans aucune de ses versions. C’est cet aspect même qui peut nous mettre sur la piste : elle est tardive. En effet, elle semble bien être une tentative d’explication rationnelle et acceptable —sa maladresse la trahit— d’un rite qui, au moment de sa rédaction, avait déjà perdu, ou refusait la signification profonde de ses origines : le sacrifice humain ! Dur à assumer...

 « Érigoné » signifie en grec «qui naît au printemps », et nous sommes à l’époque minoenne, qui a divinisé la Nature et l’a célébrée par de nombreux cultes de renaissance et de fertilité.
Un objet du culte minoen, conservé en plusieurs exemplaires attire l’attention : le « kernos ». il s’agit d’un ensemble de petites coupes d'argiles attachées à un vase central.
Les auteurs qui en parlent pensent qu’il aurait servi au cours des « mystères », mais ne savent pas trop lesquels.
Si on observe bien le mot, on y trouve la racine indo-européenne « KRN », celle même qui structure le nom du dieu celte Cernunnos » (ou Kernunnos).
Tout cela situerait donc l’origine de la balançoire à l’époque des Celtes, dans une civilisation de chasseurs cueilleurs, au paléolithique ou au mésolithique indo-européen.
Pour mieux comprendre, il convient de se mettre en situation —d’essayer, au moins !— : ces peuples avaient comme unique source de subsistance la viande du gibier et les fruits des arbres qui eux-mêmes alimentaient les animaux et donnaient le combustible pour le feu. On comprend donc facilement l’importance vitale que revêtaient les arbres, et la vénération que ces populations leur portaient, jusqu’à les diviniser, leur instaurer des cultes et leur offrir des sacrifices... humains, car c’était de règle à l’époque.
Les sacrifices par pendaison à des arbres étaient communs chez les Celtes adorateurs d’Odin. Les victimes étaient pendues puis transpercées par des sagaies, afin que leur sang fertilise le sol, et elles restaient là jusqu’à ce qu’elles tombent en lambeaux, balancées par les vents.

Lorsque cessèrent les sacrifices humains, elles furent remplacées par des figurines et des balançoires rituelles.

          Au cours de l’évolution des pratiques, tout l’implicite déjà inclus au départ dans le sacrifice lui-même s’est extériorisé, diversifié, développé de manières différentes    
en rituels et en fêtes, puis en folklore et en simples jeux de jardins.
Mais la transcendance de la symbolique reste toujours et partout présente dans l’inconscient collectif, même dans les jeux les plus innocents. Si non, comment expliquer la survivance multimillénaire des balançoires et des escarpolettes ?
Les chercheurs, chacun selon son point de vue, ont pu isoler de bien intéressants symboles, au-delà, bien sûr de l’horreur de l’offrande d’une vie, c’est à dire du meurtre d’un innocent, pour apaiser des dieux.

Le cœur du sujet, c’était bien l’espérance pour ces peuples que se perpétuent les sources de leur subsistance, et de voir renaître la végétation chaque année au printemps. Dans l’état de leur croyances, ce n’était sûrement pas un acquis éternel.
Nous, nous sommes moins « stupides », et nous savons que le retour du printemps est un acquis définitif. Nous ferions bien pourtant d’y réfléchir un peu...
Les Hasards heureux de l'escarpolette de FRAGONARD

Il s’agissait de rites de fertilité, de fécondation, de renaissance, et ce n’est donc pas par hasard que, sur les balançoires figurent uniquement des jeunes filles, avec toute la sensualité aérienne qui en émane.   
C’est que les sensations de vol, d’apesanteur et de vertige, celles des chamans et des mystiques en transe, sont bien présentes aussi.

L’arc de cercle décrit dans les airs par la balançoire, tangent avec la Terre, est symétriquement l’inverse de celui du Soleil, tangent avec le zénith et, symboliquement, ils se rejoignent en cercle pour se féconder, dans la pensée magique.

    Fascinant ballet cosmique, apesanteur astrale, danse inversée du Soleil, vertige du spasme hiérogamique, fécondation rituelle, cycle infini des renaissances: la balançoire des Filles!

          Voilà pour l’essentiel.

jeudi 20 février 2014

La chenille

LA CHENILLE

Texte et musique d’Alfredo Zitarrosa : http://www.youtube.com/watch?v=bxjLgz31v3Q&hd=1

¿Dónde estarán los zapatos aquellos
que tuve y anduve con ellos?
¿Dónde estarán mi cuchillo y mi honda?

El muchacho que fui, que responda.    

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Toute traduction est une trahison, mais, pour vous donner une idée:
 Où sont passés les vieux souliers
que j’avais jadis pour marcher ?
Où sont donc mon couteau et ma fronde?
Que l’enfant que je fus me réponde.


vendredi 31 janvier 2014

LE CLOWN BILBOQUET

Même en hiver on trouve quelques bouts de bois secs et un peu de ficelle!
Et la scie est à portée de main, ainsi que la perceuse.
Alors, pourquoi ne pas s'y mettre?

Lui, il nous attend, encore épars, démembré,  incréé, virtuel parmi les bouts de bois, et il est impatient de prendre forme humaine...
Ah, enfin!

lundi 27 janvier 2014

Le jacquemart russe « Kuzniètzi »

Le jacquemart russe « Kuzniètzi »


Ce jouet célèbre se nomme en russe « медведь и мужик, кузнецы » (prononcez, à peu près : Miédviéd i moujik, kouzniètzi), autrement dit : « L’ours et le paysan, les forgerons ».
Vous riez, parce que vous pensez au non moins célèbre Dmitri Medvedev, et à son compère Vladimir P... Mais non, ça n’a rien à voir : eux, ils n’étaient pas encore nés !


La première chose qui attire l’attention, c’est que le mot « jacquemart » n’apparaît pas dans le nom russe. Ce terme, d’ailleurs, ne semble pas avoir de traduction dans les autres langues que le français, sauf en anglais avec « quarterjack » (Jacques quart, pour quarts d’heure).

Intéressons-nous donc un peu aux vrais jacquemarts, et nous tenterons ensuite de voir s’ils ont un rapport avec le jouet russe des « forgerons ».

          Si l’on consulte les bons vieux dictionnaires français, on trouve bien naturellement les deux sens de :
          1¤ « Automate de bois ou de métal représentant un personnage armé d'un marteau, qui frappe les heures sur le timbre ou la cloche d'une horloge placée à la partie supérieure d'un édifice, d'un beffroi ou d'une église. »
          2¤ « Jouet d'enfant qui se compose de deux figurines frappant alternativement sur une enclume placée entre elles. »

Mais, lorsqu’il s’agit de chercher d’où vient le mot, on a quelques surprises, par exemple celle-ci : « L'origine du nom serait celui de l'inventeur, un ouvrier, Jacques Marc, mécanicien flamand, qui construisit le jaquemart de Courtrai. »
Une vraie fausse étymologie ?
Peut-être, mais, cela donne tout de même une bonne piste, car on peut ainsi découvrir que ce jacquemart a été installé en 1382 sur le clocher de l’église Notre Dame de Dijon, par Philippe le Hardi, qui l’avait dérobé avec l’horloge attenante à la ville de Courtrai, en Belgique aujourd’hui, pour se venger d’une révolte des Flamands. Cela en renvoie la construction peut-être au début des années 1300, et en fait le plus ancien qui nous soit connu, à moins que ce ne soit celui d’Ovieto, Italie, de 1351.
D’autres étymologies nous parlent de « Jacques » et de « marteau », « nom générique pour désigner les guetteurs de beffroi ». Intéressant !

Reste à s’interroger sur l’essentiel : pourquoi « Jacques » ?
Et, qui étaient les « Jacques », au Moyen âge ? Vaste sujet qui va noue emmener bien loin!
On pense, bien sûr, à Saint Jacques de Compostelle, si important au Moyen Age, mais ça ne résout rien car, pourquoi avoir inventé cette histoire de tombeau retrouvé, et avoir donné le nom de Jacques à son prétendu occupant ?
Au Moyen Age, dans les milieux « initiés », Jacques signifiait « savant », et le « Pèlerinage des Etoiles » était le parcours initiatique sur lequel les disciples constructeurs allaient rencontrer leurs maîtres itinérants, occupés à édifier des ponts et des cathédrales, édifices énergétiques et donc « sacrés ». Tout cela en liaison, bien sûr, avec les deux colonnes du Temple de Salomon, Jakin —qui signifie « il affermira » en hébreu et « le savant » en basque—, et Boaz —« en lui est la force—.
On en a bien envie, mais peut-on pour autant faire le lien ? Ça aurait plus d’allure, non ?

          Revenons à nos « forgerons » russes.
          Nous sommes en Russie, à 70 km au nord-est de Moscou, en plein Moyen Age, vers 1450, dans un village nommé Bogorodskoïé.
          L’Histoire nous rapporte qu’un agriculteur ou artisan de ce village, qui a sans doute l’habitude  de fabriquer des jouets pour ses enfants, comme on le faisait à l’époque, vient d’avoir une idée.
          Il va sculpter deux personnages qu’il pense mettre en scène, l’un vis-à-vis de l’autre, par exemple des forgerons, artisans dont les gestes de travail, eux qui maîtrisent le fer et le feu, fascinent toujours autant les enfants.
          On peut se demander si notre homme était un simple artisan agriculteur sédentaire, ou bien s’il avait voyagé vers l’Ouest, en Belgique ou en France, par exemple, lieu de naissance, semble-t-il, des jacquemarts.
          Dans ce cas, il aurait pu en observer, et il aurait constaté que,
souvent, ces artefacts comportent deux personnages qui frappent alternativement sur une cloche.
Oui mais, voilà, le système de la plupart des jacquemarts est difficilement transposable à un simple jouet à tenir en mains. En effet, les sonneurs y sont maintenus par un pivot vertical, qui tourne sur lui-même, mû par un mécanisme invisible, situé en-dessous.
Et c’est là que se situe l’énigme: si notre homme a vu d’authentiques jacquemarts, ou en a simplement entendu parler, il a été obligé de créer un autre mécanisme, plus simple, ou bien alors, il a tout inventé.
Car deuxs choses sont sûres: les premiers jacquemarts sont bien en place depuis le milieu du XIVe Siècle, même si, dit-on, ils n’ont reçu ce nom qu’une centaine d’années plus tard, et notre agriculteur artisan russe a bien crée ce jouet vers 1450. Mais, il ne l’a pas créé avec ce nom, qui n’a d’ailleurs pas de traduction en russe.
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Extrait de: http://www.youtube.com/watch?v=RF3JheQSB64  

          Alors, deux inventions totalement séparées, et un nom donné à posteriori au jouet, seulement en Europe de l’Ouest, et par analogie à un mécanisme qui y était déjà connu? Autre énigme!

Que dire de l’ours qui accompagne le plus souvent le forgeron?
Depuis les âges les plus reculés, la relation homme-ours a toujours été du type « je t’aime, moi non plus » !
En effet l’ours, par sa puissance physique, sexuelle, vitale, et surtout par sa position bipède, fascine et rend jaloux les hommes. Depuis toujours, des légendes courent à son sujet, y compris les plus scabreuses, comme « Jean de l’Ours », fils d’une femme... et d’un ours.
Il a donné lieu à de nombreux cultes et fêtes païennes, tant et si bien que l’Eglise catholique a fini par le diaboliser !

          L’originalité de ce jouet c’est que le méchant ours est ici le compagnon de travail d’un homme. L’animal y apparaît comme dominé, domestiqué, docile et consentant, presque bonhomme. Un peu comme s’il était l’ancêtre du « nounours », ce qu'il n'est pas.

          Mais l’histoire ne s’arrête pas là: ce jouet plaît vraiment beaucoup à tout le monde dans le village, et les autres enfants en voudraient bien un aussi!
          C’est ainsi que notre artisan s’est mis à fabriquer des quantités de ces jouets, et d’autres encore,
puis à les vendre et peut-être à en tirer quelques subsides.
          Et voilà comment naît une tradition!

          Aujourd’hui, on les fabrique en série à Bogorodskoïé, car ils sont exportés dans le Monde entier, et ils sont devenus en quelque sorte, avec les « matriochkas », l’emblème ludique de la Russie.





vendredi 22 novembre 2013

A la "Villa Présentine", de RAUZAN

Durant les Semaines Bleues, 

il n'y a pas d'âge pour être jeune, 
et pour s'émerveiller, 
à la Villa Présentine de Rauzan:
Photo Villa Présentine

Photo Villa Présentine

Et chacun y trouve ou y retrouve 
une joie à sa mesure!





samedi 9 novembre 2013

Poupée de maïs, III

Petit pastiche:

Nous n'irons plus aux champs les maïs sont coupés,
La belle que voilà ira les ramasser.


C'est vrai, les maïs sont coupés, et les enveloppes des panouilles sont tombées dans la boue, triturées par les machines.
Mais, qu'importe, on en trouve encore de presque propres.

Et, la belle de la chanson, ce sera la poupée?

Les préparatifs:

Et d'une:

Et de deux: