mercredi 9 décembre 2009

Uma poética janela aberta sobre a vida.



Uma janela poética que se abre para nós em Portugal para um mundo de respeito e amor pela natureza, para a alegria de criar e interagir com ela. Uma janela de esperança para crianças e jovens corações de todas as idades.
Obrigado ao João pelo link para meu blog "Jouets rustiques".

mardi 8 décembre 2009

Plaisir fractal et "décroissance"

Que me dit « Wikipédia » à propos des "fractales" ? Entre autres choses, ceci :
« Les objets fractals peuvent être envisagés comme des structures gigognes en tout point –et pas seulement en un certain nombre de points, les attracteurs de la structure gigogne classique. Cette conception ‘hologigogne’ (gigogne en tout point) des fractales implique cette définition tautologique : un objet fractal est un objet dont chaque élément est aussi un objet fractal »
Pourquoi pas ? Je n’ai pas peur des mots ‘savants’.
Mais, avec une image ce sera plus facile; je vous propose de regarder celle-ci ; c’est un chou « romanesco ».

On y voit bien qu’à tous les niveaux, et de la plus grande à la plus petite, les stuctures sont exactement identiques : des pyramides enroulées sur elles-mêmes en spirale.
Autrement dit, la plus petite de ces structures est autant « chou romanesco » que la plus grande. Seul le volume change, c’est à dire la quantité! Donc, pas la qualité, comme aurait dit le bon Monsieur de La Pallice !

Et voici le problème philosophique et/ou physiologique que je me pose maintenant: le plaisir, aurait-il lui aussi une structure fractale ? Quel plaisir dites-vous ? Eh bien, tous les plaisirs, évidemment.
Si je me pose cette question, c’est que j’ai eu l’occasion de rencontrer des « décroissants », au cours de mes pérégrinations. Et que, sans adhérer à rien —ce n’est pas mon style d’appartenir à tel ou tel—, je me suis senti « interpellé » par eux, comme on dit.
Retour à Wikipédia qui propose à « décroissance » un excellent article don j’extrais ceci :
« Les objecteurs de croissance, appelés aussi « décroissants » dans la presse, s'opposent aux défenseurs du «développement durable » ou « développement soutenable » (sustainable development), ceux-ci ne remettant pas en cause l'idéal de croissance. Les partisans de la décroissance contestent en effet l'idée d'un développement économique infini : selon eux, le taux de production et de consommation ne peut pas être durablement accru ni même maintenu, dans la mesure où la création de richesse mesurée par les indicateurs économiques comme le PIB correspond à une destruction du capital naturel et que ce dernier est épuisable.”
Suit une analyse fouillée des diverses tendances et sensibilités qui se chamaillent dans la mouvance, et des diverses critiques qui lui sont faites, toutes plus sûres d’elles-mêmes les unes que les autres, évidemment.
Je n’entrerai pas dans ces arcanes-là.

Afin d’élargir le débat, je me poserai la question du plaisir que l’on peut ressentir, et comment. Je partirai pour cela des enfants, et aussi des plus grands de tous les âges que je côtoie régulièrement dans les animations.
Je regarde la lumière de leurs yeux, je ressens la fébrilité de leurs gestes, j’éprouve la joie et le bonheur de leur satisfaction d’avoir réalisé un jouet, même le plus modeste, j’écoute leurs mots, parfois particulièrement émouvants.
Et je me demande ce qui pourrait bien être en jeu dans ces mécanismes des corps, des âmes et des esprits peut-être.
La dopamine, la noradrénaline et autres neurotransmetteurs ? Probablement.
Alors, cela voudrait dire quoi ? Je pense au vers d’Alfred de Musset : « Qu’ importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ? », et je me dis que si un simple jouet peut donner autant de plaisir —et même beaucoup plus !— qu’un autre, très sophistiqué, c’est qu’il mobilise autant ou plus des mêmes neurotransmetteurs.
La quantité, c’est de la matière ; la qualité c’est du symbole, et je crois que le symbolique est plus fort que le matériel.
Alors, quel rapport avec les « décroissants » ?
Celui-ci : et si j’étais un « Monsieur Jourdain » de la « décroissance »? J’ai découvert que je fais, depuis toujours, de la « décroissance » sans le savoir... Dans les jouets, bien sûr, et c’est ce qui nous intéresse ici, mais dans d’autres domaines de la consommation, aussi. Souvent plus par nécessité que par vertu, faut-il le dire ?
Il n’est pas question de faire du misérabilisme, mais lorsqu’on a été entraîné à ramasser un bouton, à conserver le moindre bout de fil de fer, et à ne jamais jeter un morceau de pain, il en reste toujours quelque chose.
Les « défis » du jouet rustique, qui consistent à réaliser un projet avec les seuls moyens du bord —matériaux et outils— ne sont ni des turlutaines ni des pratiques masochistes, au sens de René Girard —se remettre en permanence dans la situation d’une bataille perdue pour espérer enfin la gagner un jour...—. Non, il s’agit bel et bien d’un style, d’un art de vivre que redécouvrent aujourd’hui les "décroissants" asphyxiés comme moi par l’hypergaspillage ambiant.
Et là est ma question, et aussi la réponse que je ressens pleinement en moi : oui, il y a qualitativement plus de plaisir à réaliser un modeste jouet avec « trois fois rien », mais en y investissant toute sa créativité, son ingéniosité, son respect et son amour —Whaoouu ! Que voilà un mot suspect !— pour un simple bout de bois, et se surprendre à dire merci à l’arbre qui nous l’a offert, qu’à vider son escarcelle à l’hyper.
Eh bien voilà, vous avez tout compris : ce « trois fois rien » pour du bonheur, c’est ça le « plaisir fractal ».
Mais, attention, n’en jetons plus ! On passerait facilement pour de dangereux illuminés, en tenant de pareils propos...

Il vaut tout de même mieux « trader » en bourse, tout en se bonifiant au bromazépam ou autres benzodiazépines ; c’est plus présentable et plus "politiquement correct", non ?

lundi 23 novembre 2009

STAGE DE FORMATEURS à Château-Arnoux

Une image, ça vaut mille mots.
Celle-ci en vaut encore plus!
Mais je n'en écrirai aucun.
Je vous laisse vous imprégner de la joie et du bonheur que nous avons tous vécus durant ce stage dans les Alpes de Haute Provence.

Les photos sont de Nathalie et de Lucie, et le montage -génial !- de Martial.

jeudi 29 octobre 2009

Ouverture de la Ludothèque des Deux Gaves

Un grand honneur a été fait aux ‘jouets rustiques’, à la Ludothèque des Deux Gaves, à Nay (64800) : celui d’être conviés à l’ouverture d’un nouvel espace convivial où Maryse, Marie et Stéphanie ajoutent le rayonnement de leur dynamisme ludique à la vaste lumière qui fait gambiller les couleurs et les jeux.
Une adorable afichette a été tirée à cette occasion, dont je vous propose ici une version réinterprétée par mon scanner qui est un peu espiègle...

Petit jeu : vous avez repéré les modifs ?

vendredi 23 octobre 2009

Le clown

Un poète...

Voulez-vous connaître un poète de la mer et du temps?
Quelqu'un qui redonne vie et expression poétique aux épaves?
Eh bien, c'est ici, ne vous en privez pas:
http://paulherail.blogspot.com/

mercredi 23 septembre 2009

Eveil Culturel - Triac Lautrait - 19 et 20 septembre 2009




La France est un pays de micro-climats. Tout le monde le sait!
Mais personne ne pourrait imaginer jusqu’à quelle microscopique échelle descend la climatologie...
Au milieu des vignobles du Cognac, alors que la France entière essorait ses déluges, un peu à l’écart du petit village de Lautrait, dans la grande cour de la Maison Familiale Rurale, le Soleil rayonnait!
Partout: des jouets à la cuisine, du réfectoire aux ateliers, et plus encore sur les visages et dans les coeurs.
Mais comment vous dire cela avec des mots?
Allez plutôt faire un tour sur l’album photos de l' "acepp16parentalite", ce sera tellement plus parlant:
Eveil Culturel - Triac Lautrait - 19 et 20 septembre 2009

jeudi 27 août 2009

INVITATION

L'Association ALPE (Alpes de Haute Provence) nous invite: dans un cadre paysager super ---inutile d'insister---, une équipe remarquablement dynamique et qui sait ce que "ludique" veut dire; quant aux jouets, vous les connaissez déjà...!!
(;§> Alors, on se retrouve là-bas?

>>>> Cliquez sur l'image pour l'agrandir.


Le contact, c'est ici: asso.alpe@orange.fr

samedi 15 août 2009

¡! HELLO, RENZO ¡!


Même si vous ne lisez pas trop bien l’anglais, vous allez aimer!
Un autre “fondu” du jouet, comme on dit dans le Sud Ouest.
Lui, il fait dans le recyclage du plastique; moi je préfère le bois: n’est-ce pas ainsi que l’on devient complémentaires et que l’on peut rêver ensemble à la survie de notre pauvre Planète?
Une mine d’idées, je vous dis! C'est ici:
http://www.toymakingactivities.com/homepage.html

vendredi 14 août 2009

Dans la « Faille de Meyssac »


Lieu bien extraordinaire que celui-ci, dans la Corrèze briviste !
Les géologues, semble-t-il, n’ont pas trouvé d’explication définitive.
Pensez, à l’Ere Primaire, il y a quelque 200 millions d’années, du temps des dinosaures, presque aussi longtemps avant l’apparition de l’Homme sur la Terre, le site de Meyssac était une plage marine...
Mieux encore : du fait de la dérive des continents, cette plage était alors située à la latitude du Sahara !
Ce sont les détritus de l’érosion du Massif Central, montagne « jeune » à l’époque, qui avaient formé les sables de cette plage. Agglomérés par des argiles chargées de fer généreusement dégradé en oxyde ferrique, et compactés sans doute par le formidable cataclysme de la naissance des Pyrénées, il y a 80 millions d’années, ils ont donné ce magnifique grès dont la couleur rouge nous impressionne tant, car elle est celle de notre propre sang : tonalité et composition chimique !
J’ai entre les mains un éclat de ce grès, ramassé au pied de l’église —non, je ne dégrade pas !—; il est râpeux comme une langue de chat. Je ressens à sa vue de véritables émotions : cette couleur qui me parle de mon sang dont il est fait, ces plages tropicales dans la nuit du temps des dinosaures, et les carriers et les tailleurs de pierres qui ont bâti l’église au XIIe Siècle.

Les jouets ? Super : il n’y a qu’à voir la photo!

mercredi 29 juillet 2009

FETE DE L'EGLISE D'ESQUERDES


Près du village de Guérin, sur des coteaux sillonnés de cépages, au coeur du vignoble de Cocumont –attention : entendez bien « le Mont du Coucou !-, la petite église d’Esquerdes –son nom pourrait indiquer à la fois un « terrain raboteux » et un « passage » de pélerins peut-être- , si vieille qu’on dirait que son clocher usé par les siècles est taillé dans un rocher naturel à peine dégrossi, sous l’égide de Saint Christophe –le « porteur du Christ »- qui avait rien moins que ‘déposé’ le pape Léon V en 903, puis avait pris sa place, abrite chaque année une charmante fête familiale destinée à financer la restauration du monument.
Une fête comme on n’en fait plus, bien loin des tracas de la ville...

Les jouets y ont été magnifiquement accueillis.


Et les moments ludiques n’ont certes pas manqué ! Ici, avec "Les Sans Souci" de Fauillet.

samedi 27 juin 2009

Ludo "L A . C O C C I N E L L E "



L'équipe de La Coccinelle vient de me faire l'honneur de mettre sur son site un lien vers mon Blog. GRAND MERCI !

Allez les voir et admirez Le MUST, La référence! :
Ludothèque Associative La Coccinelle
Chemin des Ecoliers
33360 CAMBLANES-ET-MEYNAC
tel : 05.57.97.16.95
mail: ludotheque-coccinelle@voila.fr

vendredi 29 mai 2009

LIBOURNE * FETE DES JEUX



ON Y ETAIT . C'ETAIT SUPER !

jeudi 7 mai 2009

JOURNEES AQUITAINE NATURE


ON VOUS ATTEND! vous ne le regretterez pas!

« Construction de jouets sonores »
Animation proposée par le CPIE « Pays de Serres – Vallée du Lot »
- De 10h à 12h et de 14h30 à 16h30
- RDV au Moulin de la Ville, à Tombebœuf
- Public familial

Et encore:
Journées Aquitaine Nature

Lot et Garonne

mardi 5 mai 2009

LA MAGIE DES JOUETS NORD-AFRICAINS



Photos de Jean-Pierre Rossie, tirées de son site perso.

C’est vrai que la ‘blogosphère’ est en train de devenir une Tour de Babel, et que la « Bibliothèque Totale » de Jorge Luis Borges vire au cauchemar : il y aura bientôt autant d’auteurs que de lecteurs...
Mais dans cet océan protéiforme, dans cette gangue, apparaissent parfois quelques pépites superbes !
C’est ainsi que, par de surprenants détours électroniques internationaux, j’ai pu entrer en contact avec un ethnologue belge plein de fraîcheur, celle des enfants nord-africains et de leurs jouets: Jean-Pierre ROSSIE.
Un émouvant voyage dans l’espace et dans le temps que je vous invite à faire ici : SANATOYPLAY (Saharan and North African Toy and Play Cultures)

samedi 21 mars 2009

" JOUETS D' A U T R E F O I S " -§- "JOUETS DE T O U J O U R S "

PRÊTS ? >>>>>>>>>>> PARTEZ !

Les livres 
"JOUETS RUSTIQUES"
" JOUETS D'AUTREFOIS" 
et "JOUETS DE TOUJOURS
sont disponibles!

On peut donc les commander à l'Ostal del Libre d'Aurillac:
- pour les libraires dilicom, notre gencod 3012412780019, ou notre fax 04 71 48 93 79,
- pour les particuliers, notre courriel ostal.del.libre@cegetel.net , ou téléphone 04 71 43 33 69).

A vos couteaux !

lundi 16 mars 2009

Toupie OR NOT toupie?

Toupie or not toupie ?

Ai-je trahi le jouet rustique en me mettant au tour à bois ?
C’est une question que je me suis longtemps posée, avant de ‘passer à l’acte’ !
Décision cruelle, vous le comprendrez bien, à l’heure où certains impeccables costumes cravates craquent des milliards en bourse d’un seul ‘clic’, où des pères de famille fabriquent des armes pour tuer des enfants là-bas au bout du monde, et d’autres encore, prétendant parler à sa place, font s’entretuer les hommes au nom de Dieu… Candide insignifiance vainement opposée à la folie des hommes !

Le tour à bois n’est pas spécifiquement rustique, au sens où il fonctionnait aussi dans les villes, mais il est assurément l’une des plus vieilles et des plus séduisantes des inventions.
Connu en Orient dès le IIe millénaire avant J.C., il s’est répandu dans nos régions à l'Age du Fer, et les Sumériens, qui ont inventé la roue, au sud de la Mésopotamie entre le Tigre et l'Euphrate, 3.500 ans avant J.C, connaissaient déjà au moins le tour de potier!
Le mécanisme devait être manuel : à corde, comme celui que l’on peut voir sur cette estampe japonaise, ou « à perche » ou encore « à arc ».

Il en subsiste encore de nos jours, dans des musées, ou en activité comme celui-ci que l’on peut voir au Maroc.
Pourquoi cette millénaire fascination vis-à-vis d’une machine aussi modeste ?
Si on regarde bien ces tours primitifs, on est frappé par le dépouillement d’un mécanisme où tout est réduit à l’essentiel et qui, pourtant,
s’avère être d’une prodigieuse efficacité dans l’ordre de la métamorphose.
En effet, le tour permet de passer du ‘brut’ au ‘fini’, du ‘naturel’ au ‘culturel’. Serait-ce une machine philosophique dédiée à la raison ? Pas vraiment car, sa géométrie se limitant au cercle, tout ce qu’il produit est rond, et comme tout ce qui est rond et qui tourne est sacré… Alors, un ‘initiateur’ ?
Un grand révélateur, il l’est assurément, car il fait éclore et exalte au grand jour certains des plus intimes secrets du bois : un philosophe de la maïeutique ?
Je ne saurais le dire, mais peut-être que ces étonnantes capacités ont quelque chose à voir avec son pouvoir magique universel.

Dans cette perspective, la toupie ne pouvait être que la fille privilégiée du tour à bois dont elle hérite le symbolique mouvement rotatif.
Déjà Rabelais, dans son « Pantagruel » Live V, Chapitre XXV, notait le pouvoir de séduction de « la rhombe » que nous nommons aujourd’hui « sabot ».
Les vainqueurs d’un tournoi se livrent à une fête débridée :
« Et les voyants sus ung pied tournoyer, apres la reverence faicte, les comparions au mouvement d'une rhombe girante au jeu des petits enfants, moyennant les coups de fouet; lors que tant subit est son tour, que son mouvement est repos, elle semble quiete, non soy mouvoir, ains dormir, comme ils le nomment; et y figurant ung poinct de quelcque couleur, semble a nostre veue non poinct estre, mais ligne continue, comme saigement l'ha noté Cusan, en matiere bien divine. »
Ce n’est sûrement pas par hasard ni par bigoterie que notre auteur choisit pour chute de son paragraphe le mot « divine ».
Il faut dire qu’il souligne ici deux illusions qui, malgré sa science médicale, restent pour lui des mystères : « que tant subit (= rapide) est son tour, que son mouvement est repos » et « que couleur, semble a nostre veue non poinct estre, mais ligne continue ». Le phénomène de la persistance rétinienne, expliqué seulement en 1825 par Michael Faraday, n’était pas connu de lui.

A propos de ce type d’objets, la même question revient toujours : d’emblée jouet, ou d’abord objet de culte ?
Après réflexion, je pense aujourd’hui que les deux fonctions sont parallèles et concomitantes. En effet, à l’origine, l’enfant non initié et donc non soumis aux tabous, vit pleinement immergé dans le sacré (les lois de la ‘nature’), et peut avoir librement accès aux objets du culte —sans doute à des copies—, pour s’amuser et se familiariser avec eux. Il se prépare ainsi à intégrer son monde culturel par le jeu qui le fera passer de l’état de nature à l’état de culture : c’est la fonction rituelle du jeu qui anticipe l’initiation. Fonction structurante essentielle, mais presque perdue de nos jours.
Aujourd’hui, les filles jouent à la « Barbie » : même fonction rituelle d’intégration culturelle, mais intégration à quelle ‘culture’… ?

Vous allez me dire que tout ça c’est bien joli, mais qu’il faudrait bien passer un peu à la pratique !
Eh bien, allons-y !
Mais, encore une considération que certains trouveront abstraite ou théorique, pour ne pas dire ésotérique : avec le tour, on passe du chaos à l’ordre.
En voici la preuve :
AVANT:

APRÈS:

Ici, le chaos a été créé par la destruction de l’ordre de la Nature ; deux chutes de bois plus ou moins informes: à gauche du buis, à droite du cotoneaster lacteus —arbre à feuilles persistantes de nos jardins, qui pousse plutôt à l’horizontale et dont les baies rouges font le bonheur des merles en hiver—, et un axe d’arbousier. La petite rondelle de buis n’est là que pour éviter l’éclatement de l’axe à la pression du tour.
J’ai commencé les toupies en taillant dans la masse, puis je me suis demandé si d’autres techniques ne pourraient pas être mises en œuvre. Et puis, j’avais de si belles chutes !
Je fais donc dans ces chutes des trous à peu près centrés sur leur erratique géométrie, avec une mèche de 10 ; ensuite, je façonne une gitolle sèche de bois assez dur, par exemple du châtaignier, ou je tourne un autre bois ; j’obtiens ainsi un axe que j’enfile sur mes « disques », en collant l’ensemble, face plate contre face plate.
Il n’y a plus qu’à attendre que tout cela sèche pour le tourner. On peut ainsi associer des bois de couleurs ou de textures différentes.
Je ne me lasse pas d’explorer du dedans les bois que je trouve dans le jardin ou ailleurs: il y a les classiques : hêtre, chêne, pommier, noyer, mais aussi d’autres que je ne connaissais pas aussi intimement : le cornouiller, couleur corne, comme son nom l’indique, uni et dur, très noble ; l’eucalyptus, beaucoup plus dur que je ne croyais, clair et marbré, ou d’autres, improbables, comme le cotoneaster de tout à l’heure, marron, franc et assez dur, et qui se polit bien, ou encore le millepertuis qui donne un bois presque jaune, à grain fin, mais qui devra se contenter de faire des axes, car son diamètre n’est jamais bien grand.
Je n’ai pas encore utilisé le cerisier, ni le prunier, ni le figuier, ni le laurier, ni l’érable, tous arbres du jardin ; j’attendrai de nouvelles tailles pour le faire. Que de découvertes en perspective !
J’ai par contre exploré mes boîtes de grand père, et j’y ai trouvé des merveilles, comme à l’habitude : une vieille planchette en chêne où j’ai découpé un carré, écorné par la suite, et qui m’a permis de réaliser d’un seul coup… une toupie ancienne, car mon chêne était cussonné ! J’ai déniché aussi des restes d’un vieux meuble —un lit, je crois—, qui m’avaient été donnés il y a au moins quarante ans, d’une belle couleur brun rouge et joliment veinés, intacts, eux, d’une dureté exceptionnelle, et que j’ai cru identifier comme de l’acajou. Ils font merveille, seuls ou accolés au buis.
Le ciseau associé au tour pénètre au cœur du bois et y déniche mille secrets.
Voyez le gourmand cussou, petit ver mou qui dévore les bois les plus durs et s’en nourrit sans boire, sorte de trépan qui avance sans jamais reculer, ouvrant son tunnel par-devant et le rebouchant par-derrière... Il était là, depuis quand, jusqu’à quand ? Comment trace-t-il son chemin ? Et lorsque deux cussous se retrouvent nez à nez, au bout de leurs tunnels qui se rencontrent, comment font-ils ?
Dans un bois parfaitement homogène et serein, ce sera un nœud bien enfoui qui se révèle, ancienne cicatrice ou reste de surgeon avorté, que la patience et le temps ont progressivement recouverts de cernes d’abord ovalisés pour épouser la forme de la blessure, puis qui progressivement reprennent la courbe naturelle du bois. Merveilleuse sagesse dont nous lirons plus tard l’histoire dans l’harmonie d’un faisceau de veines sur le disque de la toupie !

Victoire ! Je viens de « remporter » sur ebay un « Chanukah wooden dreidel, Jewish Hanukkah art», fabriqué en Israel, pour la somme de 0,99 euro, et qui me sera envoyé de là-bas, pour un peu plus cher, bien sûr.

En effet, j’ai voulu en savoir un peu plus sur le mystère des toupies, et j’ai découvert le « dreidel » ou « dreydel » en yiddish, ou « sevivon » en hébreu, avec les festivités de Hanouka.
Hanouka, qui se fête aux alentours de Noël, est une de ces multiples fêtes de la Lumière qui commémorent le Solstice d’hiver. Pour ne pas être en reste avec les Chrétiens, les Juifs y offrent des cadeaux aux enfants, et des jeux s’y pratiquent, parmi lesquels ceux qui vont avec notre ‘sevivon’, lié à une bien belle légende.
Cela se passait au IIe Siècle avant J.C. Les Grecs qui occupaient Jérusalem en avaient profané le Temple, et les Macchabées organisèrent la résistance. Durant cette résistance, il était interdit aux Juifs d’étudier la Torah mais, on le sait bien, ce genre d’interdictions ne fonctionne jamais ! C’est ainsi qu’un rabbin, réfugié dans une grotte, avait organisé un enseignement clandestin. Un jour, deux des gamins, Ephraïm et Eliézer, virent venir de loin les soldats, et il en avisèrent leur maître.
Le maître ne s’affola pas, et il demanda à Ephraïm et à Eliézer de revenir dehors et de se mettre à jouer, à jouer à la toupie. Sur cette toupie, étaient écrites quatre lettres : Noun, Guimel, He et Chin qui forment les initiales de la phrase "NES GADOL HAYA SHAM" qui signifie "Un grand miracle s’est produit là-bas ». Le miracle en question était qu’au nez et à la barbe des envahisseurs grecs, les saintes huiles du Temple avaient brûlé pendant huit jours, alors qu’elles n’étaient prévues que pour un seul.
Les soldats grecs, voyant tous ces enfants réunis, crurent être tombés sur ‘le pot au rose’, et pensèrent sans doute à leur avancement. Ils demandèrent donc aux gamins ce qu’ils faisaient tous là. Il leur fut répondu que les enfants du maître avaient réuni tous leurs copains pour faire un tournoi de toupies. Mais un des soldats, intrigué, demanda ce qui était écrit sur les toupies, ce à quoi les enfants répondirent qu’il s’agissait d’initiales de prénoms.
Dépité, car il comprenait —ou croyait comprendre— que ce qu’il prenait pour une prise majeure dont il se serait bien sûr attribué le mérite, n'était qu'un lamentable bide, le plus gradé des deux soldats en fit vertement retomber la faute sur le dos de son subalterne.
Vous voyez comment nos chefs actuels n'ont rien inventé?
De nos jours, le jeu pratiqué par les enfants associe les significations suivantes aux lettres : N = "ne prends rien dans la cagnotte" ; G = "prends le tout" ; H = "prends la moitié" ; Sh = "ajoute à la cagnotte".
Il n’en reste pas moins que la signification première subsiste ; c’est ainsi qu’un jeu est aussi un support d’intégration religieuse et sociale. Ici, c’est le hasard qui parle, et comme dans les jeux de dés, ce ‘hasard’ est presque toujours assimilé à l’au-delà ou à quelque divinité : c’est la pensée magique.

Je vous aurais bien encore parlé des derviches qui tournent comme des toupies, cherchant, dans le vertige, un état modifié de la conscience —Roger Caillois aurait dit « ilinx »— qui leur permettra, pensent-ils, d’entrer en contact avec la divinité, mais vous me diriez que je vous fais tourner en bourrique…

Trêve d’élucubrations ; il faut avoir des projets concrets dans la vie : demain je fais une toupie !

samedi 28 février 2009

Des bâtons et des hommes


Des bâtons et des hommes

Les bâtons, c’est comme les chabrettes : ça tient de l’atavisme ! Qui est capable d’entrer dans un bois de châtaigniers au printemps sans faire une chabrette, ou en toute saison, sans couper un bâton ? Moi non ; on ne se refait pas ! Car chacun revient toujours à son petit Liré, à la source enchantée des émotions premières. Petits joyaux du temps perdu qu’en vaine course circulaire toujours recommencée, ne cessons de quêter aux joies des origines.
Le bâton et la main ; bien sûr, la main qui saisit, qui caresse, qui se prolonge jusqu’au sol pour le sonder, le fouiller, y chercher un appui.
Et encore le couteau, avec l’instinct du prédateur, tâchant plutôt de surmonter faiblesse et solitude, archaïques sentirs du cerveau reptilien.
Au moins cela, au fond, et mille autres encore.
A peine franchie l’orée du bois, on sait qu’il est là-bas, et lui aussi le sait, nés l’un et l’autre que pour ça.
Ne reste qu’à susciter l’improbable déclic ; chacun en cette vie n’erre-t-il pas indéfiniment à la rencontre de son bâton ?
Elégantes gitolles et fiers baliveaux pullulent vers le ciel en pousses vigoureuses, un peu frêles les unes, fines, fragiles pour l’appui, et trop branchus les autres, rugueux et lourds pour la main, bien trop courts pour le dos ou peu charismatiques.
Couteau fermé en main, la marche vers l’élu est déjà une composante des futurs souvenirs de l’âme du bâton qui s’élabore.
Des éclairs de lumière, j’en ai vu d’innombrables dans tous vos yeux d’écorce, guettant le geste du passant. Mais point d’écho entre nous ; je passe mon chemin. D’ailleurs, lorsque se boucle le détour brun violacé de l’ombre, bien des sourires s’éteignent et rentrent dans le hallier. La rencontre n’est pas pour tout de suite ; elle n’est pas ici, pas avec vous. Le vouliez-vous, d’ailleurs, vraiment ?
L’atavisme du prédateur pousserait à couper, pour s’emparer du premier venu, à ‘faire feu de tout bois’, comme pour les amours premières. Mais non, ce n’est pas là le sens de la démarche.
Le bâton est le premier outil, du singe et de certains oiseaux, avant d’être celui de l’homme ; il est aussi le premier compagnon, de solitude sur le chemin, ou de combat, et de pouvoir aussi. N’oublions pas qu’il servait à transmettre le feu sacré, et qu’il est aussi l’axe du monde.
Il se choisit comme un ami, et l’on peut s’en autoriser beaucoup, parmi lesquels on décidera d’emmener tel ou tel avec soi en promenade, selon les circonstances. Et puis, tout comme les amis, ils s’entendent parfaitement entre eux : rien à voir avec les maîtresses !
Dans les collines boisées, versant nord, les noisetiers abondent à l’abri du Soleil, les pieds au frais dans l’humidité des sources, côtoyant des sureaux ; mais j’ai déjà un beau bâton de noisetier, élaboré —plus ou moins— dans les règles de celui de Saint Jacques de Compostelle. J’en ai un autre aussi, coupé selon les mêmes canons, issu d’une magnifique gitolle d’acacia, que je préfère au noisetier car il est plus vif et plus solide, tout prêt à partir en pèlerinage pour peu que son maître passe des velléités du fantasme aux bons souliers du pénitent…
Le ‘bourdon’ du pèlerin est une affaire particulièrement sérieuse : il sera son fidèle compagnon durant des mois, à l’aller puis au retour. Choisi avec le plus grand soin en parfaite harmonie réciproque —d’ailleurs, qui choisit qui ?—, il est chargé de symboles physiques et spirituels. Pas trop lourd, bien sûr, mais souple et assez fort pour soutenir tantôt le sac sur le dos, tantôt l’échine fatiguée du maître, ou bien pour repousser les chiens, il sera le ‘troisième pied’, aussi ferme à l’appui que les deux autres. Et puis, toujours dans la symbolique du chiffre trois, celui de l’équilibre et du soutien moral et spirituel, il sera le signe sacré de la ‘Trinité’.
Il est codé, aussi : le bourdon d’un néophyte atteindra le niveau de ses yeux, et celui d’un vétéran l’exacte hauteur de sa tête.
Les puristes le coupent en claire nuit de pleine Lune, d’un seul coup énergique, en évitant de le laisser tomber au sol, puis le lancent vers le ciel et le rattrapent, en s’orientant vers l’Ouest ; ensuite ils le fichent en terre et, tout en l’encerclant avec les mains sans le toucher, procèdent à des incantations pour le « charger » de toute leur énergie et leur motivation. Ils terminent le rituel par une prière où ils invoquent le Tout Puissant pour qu’Il les aide, en cette démarche initiatique, à franchir la « vallée ténébreuse de la mort », le véritable sens de l’entreprise.
Voilà un peu de quel bois sont faits certains bâtons.
Le mien attend encore, quelque part dans le hallier, que se fasse notre rencontre. Pas de précipitation : n’est-ce pas là l’essentiel pré requis ?
En attendant, le pied foule voluptueusement le sol moussu, plaisir premier qui n’est troublé que par le lacis de ronces dont il faut se défaire à chaque instant.
De raison, plus que de passion, se fera la rencontre. Là-bas, un peu isolé des autres, un baliveau de cornouiller porte droit vers le ciel la vie que je vais lui ôter : décision sacrificielle ! Car c’est bien ce que cela signifie : un sacrifice ; prendre la vie d’un arbre pour la donner à un bâton car, n’étant pas Dieu, je ne saurais créer la vie de rien, et me vois obligé à ce transfert magique.
On a bonne mine de rire, après cela, des peuples qui demandent pardon aux plantes avant de les couper…
D’abord, en faire le tour, de loin, pour examiner sa silhouette, puis s’approcher et toiser sa hauteur : il est presque parfaitement droit et lisse et, du pied aux premières branches, le compte y est, au moins pour un bâton de promenade. Tant pis pour Saint Jacques de Compostelle!
Il faudra maintenant obtenir son accord. Non, il ne se rebiffe pas, ce n’est ni dans les règles, ni dans son tempérament. A-t-il frémi ? Nul ne le sait… Son accord, il me le donnera par sa présence et l’éclat de son charisme, muet rayonnement qui, s’il m’atteint, sera évidemment le signe de son acceptation. Le signe de son destin.
Le fait qu’il soit bien ce qu’il est, et que je sois ce que je suis, signent pour moi initiative à partir d’un appel, et pour lui, donc, acceptation.
Point de rituel magique extravagant !
Le couteau est bien là, pendu au bout de la chaîne, et glissé dans la poche dont il ne touche pas le fond, en souvenir d’un temps où il était difficile et coûteux de ravauder les poches usées par trop d’objets pesants. Lui aussi attend.
Sur la longueur du tronc, le bâton se dessine : il va du sol aux premiers rameaux, exactement.
Par drageonnage, ce tronc qui est en fait une gitolle, pousse sur une puissante racine double filant horizontalement au ras du sol, sous le manteau d’humus. Eh bien, en voilà un joli pommeau !
Ah, le pommeau des cannes ! En usage chez les pèlerins, et en grande mode chez les dandys du XIXe Siècle, que de petits trésors ne contenaient-ils pas ? Gages, talismans religieux ou païens, douloureuses et secrètes prières pour l’être aimé souffrant, fioles d’élixirs spiritueux, remèdes de grands-mères, et jusqu’aux tabatières en ces âges frivoles qui ne connaissaient pas la tyrannie de l’hygiénisme militant…
Pas question, avec un petit couteau, de se plier en pénible posture pour couper les racines dans le sol. A travers les branchages, le Soleil de l’hiver sèche un peu et doucement tiédit la mousse : assis ou allongé par terre, je travaillerai mieux.
Le modeste cornouiller mâle est un bois franchement dur, y compris sa racine, dur comme de la corne dont il tire son nom et dont il a la couleur ; pas étonnant que nos anciens l’aient préféré à d’autres pour en tirer aiguillons pour les bœufs, manches d’outils, barreaux d’échelles, pièces d’engrenages et même flèches et javelots.
Pour le plaisir du pittoresque, voici les fruits de notre arbre, les cornouilles, qui servent à faire du vin et des confitures, et que l’on nomme parfois les « couilles de Suisses »… Est-ce par contagion entre « cornouilles » et « couques », ces beignets belges, parfumés aux cornouilles, et qui, paraît-il, auraient la forme des attributs virils des gardes du Vatican… ? Mais, s’agissant de bâtons, on ne sait jamais trop où l’on va ! Et nous y reviendrons.
Il faut avoir des « mains de fer », comme dit mon petit-fils, pour couper une telle racine ! Et, de plus, mon couteau n’est pas au meilleur de son affûtage… Il ne s’agirait pas de se décourager, et de laisser sur place un impardonnable massacre de touriste. Et les mains, qui ne sont pas de fer, commencent à souffrir. Modeste exercice de stoïcisme…
Le bois de cornouiller est dense et pesant, surtout quand il est vert. La sensation, une fois en main, est un peu incommode : relativement mince, le bâton se révèle un peu balourd et lent, au pas et au geste. Déception ?
Il faut avant d’en juger, le peler pour mettre en valeur sa belle couleur de corne, mais aussi pour enlever le poids de l’écorce humide, et surtout accélérer le séchage qui le révèlera. Peut-on dire que peler son bâton c’est déjà engager avec lui une forme de dialogue et d’humanisation ? Ou de pouvoir et de domination ? Si j’en juge par l’enthousiasme avec lequel mes petits-enfants s’appliquent à cet ouvrage, je pense qu’il doit y avoir là quelque chose d’archaïque et de fort, qui se joue dans le triangle magique de la main, du bois et du couteau.
Quant à moi, je parsème de chutes d’écorce abandonnées le parcours de ma promenade hivernale de Petit Poucet.
Au fur et à mesure que le bâton blanchit sous l’action du couteau, et par contraste de couleurs, je vois apparaître distinctement une sorte de tête dans le nœud de racines, resté tel quel, qui forme le pommeau. D’emblée je crois y distinguer une sorte de jeune bovidé, avec son gros museau, ses cornes et ses yeux qu’il ne me restera juste qu’à ouvrir ; mais cela pourrait être aussi un âne, un chien, ou tout cela à la fois ! Mais il est là qui m’attend…. Je sens tout de suite que je ne retravaillerai que très peu ce pommeau —peut-être me limiter à faire à la scie des coupes franches—, car je voudrais être le seul à voir ce que j’y vois : un secret entre nous !Plantée en terre dans le sens de la marche —eh oui !, on distingue fort bien le sens de la marche chez les bâtons, déterminé par la meilleure prise en main qui signale l’avant et l’arrière de la pointe—, ma troisième jambe a un profil cagneux, ou panard, selon l’angle sous lequel on la regarde… Certes, rien n’est rigoureusement droit dans la nature, à l’exact opposé de l’univers des machines, et c’est l’homme, avec son esprit géométrique , qui veut tout tirer au cordeau, et moi aussi, bien sûr ! Mais il n’y a pas que cela : si la bonne prise en main du bâton contrarie sa bonne assise au sol, il en résulte une espèce de vibration parasite et de mouvement tournant qui ruinent tout le plaisir du jeu, toute la fermeté de l’appui, et qui fatiguent énormément au lieu d’accompagner la marche avec l’aide attendue, aussi bien physique que spirituelle.
Tenu en mains par les deux bouts, en appui central sur le genou, le bâton encore vert va se redresser à la première traction en sens inverse de sa courbe gênante. Las ! Non seulement le cornouiller est dur à la coupe, mais encore est-il carrément réticent au pliage… Le genou en fait les frais ; un sacré caractère de bâton !
Qu’à cela ne tienne ; un arbre fourchu me servira de presse-étau. Si le cornouiller est résistant, il est souple, et accepte de se laisser plier en sens inverse de sa courbe naturelle, assez largement.
Eh bien, non ! Vous avez dit ‘résilience’, ‘mémoire de forme’ ? C’est au moins tout cela, et plusieurs tentatives, aux limites de la rupture, n’y feront rien. Têtu comme une mule, ce bâton ! Alors, c’était donc ça, son pommeau, une tête de mule ? Eh bien, c’est un bon début.
Sa première promenade, il la fera ainsi, à sa tête ; mais nous formons déjà une belle paire d’amis. Il est encore jeune, et ça lui passera. Une fois à la maison, il subira une longue séance de dressage —le mot ne veut-il pas dire « redresser » ?—, coincé entre la presse de l’établi et un montant de l’échelle, plié en force à contre-courbe, jusqu’à ce qu’il sèche.
Il a bien fallu qu’il s’y soumette et, sec et droit maintenant, plus léger, il caracole en promenade, se jouant à merveille des ronces et des cailloux.
Reste encore le pommeau qui m’attend.
Pour les yeux, ce sera facile : deux petits départs de racines coupées les forment, spontanément placées au bon endroit: il suffira de leur donner la lumière noire des prunelles avec une pointe rougie au feu.
Le museau me préoccupe : c’est la grosse racine, bien plus grosse que le bâton ; au moment de l’abattage, après l’avoir péniblement entaillée en couronne au couteau, j’ai cassé ce qui restait au centre, mais des fibres se sont arrachées, et il y a maintenant un vilain trou au milieu.
Je l'ai foré à la perceuse, à peu près au diamètre du défaut, et j’ai coincé là une
cheville du même bois, mais pas du même arbre ; ça lui fera une prothèse…
Plutôt que de scier droit le museau, j’ai opté pour le ponçage au disque de papier de verre, et je m’y attendais : sur un bois dur, et perpendiculairement aux fibres, le disque impuissant chauffe et il brûle le bois ! Le museau est poncé, mais il y a partout du brûlé, de façon aléatoire : « Même pas grave ! », diraient mes petits-enfants. De façon aléatoire ai-je dit ? J’aperçois soudain comme deux naseaux noirs ; je vais éliminer au couteau les zones brûlées qui parasitent mon intuition, et… la voilà ma bête ! Un peu ébaubie avec sa frimousse de guingois et son regard désorienté, mais tellement innocente et tellement sympathique… Cette fois, ça y est !
Nous ferons désormais chemin ensemble.
Et je me remets à penser à tous ces bâtons qui ont accompagné et accompagnent encore les hommes : outils de leurs nobles tâches quotidiennes, de leur labeur de misère à tout jamais insurmontable, mais aussi instruments de pouvoir de chefs de tous acabits, des sanguinaires potentats tribaux jusqu’aux évêques avec leur crosse et aux maréchaux embâtonnés, et je ne peux m’empêcher de rire de la bouffonne vanité de tous ces dignitaires hurluberlus qui exhibent fièrement devant les autres hommes —car les bâtons, c’est une affaire d’hommes— et comme pour leur dire « Toi qui en as une toute petite, regarde ça un peu ! », ces impayables catachrèses phalliques…

mercredi 11 février 2009

Vite, à vos libraires !!!!



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¡¡¡ « Jouets d’autrefois » va être réimprimé ! ! ! ! !
Une bien bonne nouvelle qui va réjouir tous les amis des ‘jouets rustiques’, qui l’attendaient depuis si longtemps.
Précipitez-vous chez votre libraire préféré.
Voici les coordonnées de l’éditeur :
Ostal del libre, 32 Cité Clair Vivre, 15000 AURILLAC, tél. 04 71 43 33 69 ; fax 04 71 48 93 79 ; courriel ostal.del.libre@cegetel.net, vente par correspondance aux particuliers, catalogue complet à l'adresse http://ostal.del.libre.cantalpassion.com/ ainsi que sur www.dilicom.net pour les commandes directes de libraires (notre gencod : 3012412780019).

mardi 10 février 2009

Sagesse de la Nature


Vous avez dit « la crise » ?
Pour 2012, l’Apocalypse ?
Et cependant, parmi les débris de l'hiver, les crocus du jardin ont fleuri ce matin.